Paris, in-4 .— Bibl. Imp. Y
x Préface.
de Mont-glaive. C'est 'oujours la reproduction du roman imprimé par Verard et Lotrian, mais avec un notable rajeunissement de la langue.
Le Manuel du Libraire indique encore deux éditions que nous n'avons pu examiner. L'une est intitulée : L'Histoire du preux et vaillant Doolin de Mayence, en son temps la fleur des chevaliers françois. Rotterdam, Jean Waesbergue, 1604, in-4. L'autre est une édition de Troyes, Nicolas Oudot, in- 8, fi g. en bois, que M. Brunet n'estime pas à un haut prix.
Nous ne connaissons que trois manuscrits du poëme de Doon de Mayence. En voici la notice sommaire :
I. Le plus ancien et le moins incorrect, celui dont nous publions le texte, appartient à la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier, où il est coté H. 247. Ce manuscrit, du format in-4, compte 225 feuillets en vélin. Il est d'une écriture à deux colonnes qui date de la moitié du XIV e siècle ou environ. On y a réuni, selon l'ordre généalogique, la plupart des poèmes de la grande geste de Doon de Mayence, c'est-à-dire :
fol. au fol.
1 46, Doon de M aience , 1 1 , $ o 5 vers.
46 88, Gaufrey, 1 0,73 5 —
88 141, Ogier de Dannemarche, 13,200 —
142 153, Gui de Nanteuil, 3,031 —
154 ifj, Maugis d'Aigremont, 4,704 — 175, L'AmachourdeMonbranc, 1,127 —
225, Les quatre fils Aymon, 12,177 —
"$6^79 vers.
Préface.' xj
A ces indications le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements (») ajoute les remarques ci-après : « Si •l'on en excepte celui d'Ogier, no 3, tous ces romans, évidemment du même auteur et attribués à Huon de Villeneuve, sont en vers alexandrins et se lient entre eux par les prologues et les épilogues. Ils contiennent, comme on le voit, l'histoire poétique des principaux membres de la famille d'Ogier le Danois, et sont complets, sauf le dernier, auquel il manque peu de feuillets à la fin. Deux lacunes, qui se trouvaient dans le roman de Doon, ont été comblées récemment à Paris d'après un autre manuscrit.
« Ce volume est d'autant plus précieux qu'il contient l'unique texte que nous connaissions du roman de Gaufrey. »
L'auteur de ces remarques aurait pu ajouter que nulle part ailleurs non plus on ne trouve le texte du poème de Gui de Nanteuilet de L'Amachour de Monbranc ,• mais il aurait pu se dispenser de dire que tous les poèmes renfermés dans le manuscrit , à l'exception d'un , sont évidemment du même auteur. Il ne faut pas, croyonsnous, se laisser prendre à la ressemblance qui paraît assigner à ces poèmes une commune origine, pas plus qu'aux rapports établis entre eux par les prologues et les épilogues qui les rattachent. Ces espèces de soudures sont l'œuvre de l'arrangeur qui a groupé en un petit cycle les diverses chansons de geste réunies dans le manuscrit ; et si, en même temps qu'il les assem-
xij Préface.
blait, il les a remaniées, comme il y a tout lieu de le croire, pour les rajeunir et les embellir à son gré, s'il les a toutes transcrites ou fait transcrire en un même dialecte, quoi d'étonnant qu'elles aient un certain air de famille? Mais eston fondé pour cela à les attribuer au même auteur, et surtout d'une façon aussi affirmative? C'est ce que nous ne saurions admettre, nous qui pensons, comme on l'a vu ci-dessus, que les deux parties du poëme de Doon de Mayence sont originairement deux oeuvres aussi distinctes que les Enfances Ogier et la Chevalerie Ogier de Dannemarche. Encore moins sommes-nous disposés à reconnaître Huon de Villeneuve pour cet auteur unique. Nous savons bien qu'on lit son nom, écrit par une main moderne, sur une des feuilles de garde du manuscrit; mais nous ne voyons pas qu'il se rencontre ailleurs, et l'on irait loin si l'on voulait suivre dans leurs fantaisies tous les possesseurs ou les simples lecteurs de manuscrits qui ont jugé à propos de les enrichir de leurs notes.
Ajoutons encore que le manuscrit de Paris qui a servi à combler deux lacunes du poëme de Doon est aujourd'hui le n° 2020 du supplément français ; mais ces deux lacunes ne sont pas les seules, comme on le verra ci-après, aux notes et variantes.
Tous les poèmes que renferme le manuscrit de Montpellier ont été écrits ou récrits en dialecte
Ïricard, ainsi qu'on s'en apercevra aisément à la ecture des textes.
Nous désignons ce manuscrit par la lettre a.
Préface. xiij
II. Le second manuscrit du poëme de Doon est le même que celui qui est mentionné dans la Bibliothèque protypographique de M. Barrois (»), sous le n<> 2293, et en œs termes :
« Le roman de Doon de Mayence, en rimes, écrit sur papier l'an 1463. »
Cette indication se rapporte évidemment à notre manuscrit, qui se termine par une note ainsi, conçue : « Cest livre fut escript à Douay Van 146}, par la main de... » (Le nom a été effacé.)
Il appartient aujourd'hui à la Bibliothèque impériale, où il est inscrit au supplément français sous le n<> 2020. C'est un petit in-folio de 130. feuillets de papier.
La version qu'il renferme est moins développée que celle que nous publions, puisqu'on n'y compte que 6, 500 vers environ. Aussi l'aurionsnous suivie de préférence si nous avions pensé qu'elle fût la plus ancienne ; mais il nous a paru, à certains passages fort écourtés, que. c'était seulement une version abrégée, et qu'ici, contre la coutume, la brièveté n'était pas un indice d'ancienneté. Dans ce manuscrit, d'ailleurs, qui est postérieur d'un siècle au moins à celui dont nous avons adopté le texte, la langue est singulièrement altérée, rajeunie, et d'une orthographe si tourmentée que cette seule considération aurait suffi pour nous faire accepter les longueurs du manuscrit de^ Montpellier, lequel, s'il n'est pas très pur, se rapproche beaucoup plus néanmoins des habitudes du vieux langage.
Ce second manuscrit nous a été fort utile :