‹ Doon de Maience chanson de geste publiee pour la premiere fois d'apres les manuscrits de Montpellier et de ParisChapitre 7 sur 9 · Le manuscrit donne Dit · texte numérisé non relu

Le manuscrit donne Dit

Car il fit aparoir, pour monstrer leur vaillance, Qu'ilz seroient preudons et de grande puissance, Et que d'culx istreroit geste de grant deffence , Dont feroit exaucer la couronne de France ; Car, alors qu'ilz nasquirent, parla Dieu pourvcancc, Toute terre trembla, n'en aiez la doubtance, La mer se descongnut et fut d'aultre semblance, Le vent et les estoiles en firent demonstrancc.

Le manuscrit c commence ainsi :

Seigneurs, or faictes paix, franche gent d'honnourancc, Au nom de Dieu de gloire, qui sur tous a puissance, Qui vous voeulle garder d'anoy et de grevance, Et vous doint à la fin dez sains cieulz la plaisance! Car vous orrés hystoire oà moult a de vaillance ; Oncquez homme n'ouy meilleur puis son enfance. Bien lescevent pluisieurs , il n'y a point doubtance , Que jadis ot trois gestes au royalme de France : Charlcmainnc en fut Vunne, sans nulle varianct, Et Garin de Montglenne fut l'aultre, sans doubtance, Et la tierce dez gestes, dont no livre commence , Fut le bon Doelin, dont issi mainte branche, Qui moult firent païens anoy, paine et grevance, Dechà mer et delà et en mainte tenance.

Seigneurs , cez gestes chi dont nous faisons oyance A une hoeure nasquirent; mais Dieu fit demonstrancc, Pour la grande valeur dont aroient puissance, Et que d eulz isteroit gens de haulte honnourance : Toute terre en trembla et fut d'aultre samblance. Lez saiges clers d'adont f par leur signiffiance , En firent lez cronicques , qui sont de grant vaillance , Et sont en l'abbaye de Saint Denis en France ; Puis ont esté extraictes , par moult belle ordonnance , De latin en rommant, pour donner congnissance Dez grans fais aprouvês et parfaicte créance, Que tous bons à l'ouïr doibvent avoir plaisance.

Sclonc la vreie ystoire, que troavon à pleisanche.

Notes et Variantes. 349

PUisanche est-il ici un nom de lieu? On est tenté de le croire en rapprochant ce début de celui des autres chansons de geste, où le poète manque rarement d'indiquer en auel lieu, en quelle abbaye, se conserve, à Pentendre, Poriginal latin de Phistoire qu'il traduit en roman. Mais quelle seroit cette ville de PUisanche? Faut-il Palier chercher jusqu'en Italie? Je le pense d'autant moins que, d'après le manuscrit c, dont je viens de rapporter le début, les chroniques auxquelles l'auteur de Doon de Mayence emprunte le sujet de son poëme se trouvent, dit-il, en l'abbaye de Saint- Denis en France. Un récit puisé à pareille source se recommande si bien , ajoute le même manuscrit ,

Que tous bons à Vouir doibvent avoir plaisance.

Je conclus de ce rapprochement que pleisanche dans le manuscrit a ne doit pas être pris pour un nom de lieu.

Et Hcrchcmbaut [ f le fel en ses bras] Ven leva. Leçon de a :

Et Herchcmbaut maintenant l'en leva.

Leçon de b :

Et le fel Archambault adonqla releva.

P. 7, v. 24 : [ b a] est omis dans le manuscrite.

P. 9, v. 10, leçon de a : Quant seras seul.

Las! mon frère voy mort : chis chetis que fera?

Le manuscrit a n'offre point d'autre exemple de la forme chis pour l'adjectif démonstratif, même quand il est employé comme sujet. Peut-être faut-il l'attribuer à une distraction du copiste et doit-on adopter la leçon chil. La forme inusitée du s final , qui , contre l'habitude est allongé, semble autoriser cette supposition.

P. 14, v. 6 : [ c nul] est omis dans a.

$$0 D00N DE MAIENCE.

P. 14, v. 8 : au lieu de [corde] on lit dans a : gorge, qui me paroît un lapsus calami du scribe.

P. 14, v. 20 : [hous] est omis dans a; le' vers se

lit ainsi dans c :

De nous ainsi destruire à loy de soudoiant.

Qui sera d'estellins jusques en [bas 1 fourrée.

La place du mot [bas] est laissée en blanc dans le manuscrit a. J'ai comblé la lacune d'après le sens. Ce vers ne se retrouve point dans c, et on lit dans b :

Chascun de vous aura une coupe dorée, Qui sera de fin or et fondue et coulée.

Qui de Jérusalem ot l'escreipe apportée.

Variante de b et de c : ... a la palme apportée.

Puis s'en va à .1. mur maintenant acoler.

Variante de b : adosser.

P. 18, v. 6, leçon de a :

Quant ne vit homme, s'a de paour tremblé.

Coiement s'eii entra en la grant cheminée.

Il s'agit du comte Gui, qui, après être resté dans la forêt, rentre secrètement dans sa demeure. La leçon de b écîaircit le sens :

// en revint de nuyt, quant la lune est levée , En amont s'en entra en sa chambre privée, lllec trouva ma dame, une putain prouvée, Qiie .1. ribaut tenoit , etc

Qui chest mal a basti et cheste cruauté.

Leçon de a :

Qui chest mal m'a basti

Notes et Variantes. 351 P. 25, v. 13, leçon de a :

Ja dcchcn qu'est proudomme bataille ne sera.

P. 27, v. 8, leçon de a :

Pourchen qu'en li met sus qu'avant ne sceit penser. P. 32, v. 24 :

Chele part [est] venu tant corn cheval ala.

a : sunt, leçon qui ne s'accorde pas au sens général du passage.

P. 36, v. $, leçon de a : Par le mien chevalier, betc sont d'accord pour fournir la correction se.

P. 36, v. 26, leçon de a : Ou un seul chevalier.

Cette leçon fautive feroit supposer une lacune, qui n'existe pas.

Orrez fort aventure qu'à l'enfant avcndra.

Le long récit qui suit ce vers , et où paroît s'être complu l'auteur de la version que contient le manuscrit a t ne se trouve ni dans b ni dans c. Dans ces deux manuscrits il n'est question ni de tigre , ni de lion, ni de léopard. Le jeune Doolin dort tranauillement dans le creux de l'arbre où il s'est blotti ; le lendemain,

Serfs , sangliers etchevreus à foison encontra,

Et leux grans et velux : nul mal fait ne luy a. (b.)

Degrans bestez salvages à plante encontroit, Mais nul mal ne lui font, car Dieu ne levouloit. (c.)

Tout en reconnoissant que le combat du tigre et du lion ést un véritable hors-d'eeuvre dont on se passeroit fort bien , je regrette de n'avoir que le manuscrit a pour établir le texte de ce morceau difficile.

P. jï, v. 18 : ù

Qiie aucun ne l[e] sieve. — a : la sieve.

P. 52, v. dernier:

Se secourre le puet } ja sera s'envaïe, etc.

5J2 DOON DE MAIENCE.

Ce passage de a manque de clarté. Voici la leçon de b:

Ains courut celle part, et Jhesu Crist deprie Que cellui puist trouver qui a mestier d'aye : Se secourir le peut, il ne luy faudra mie.

La tirade se termine à ce derniers vers.

P. $6, v. 34 : [ f filz] est omis dans a.

P. 60, v. 12 : Onques nies ne vit on.

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