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III. Rôle des rayons diffusés

Après ces études préliminaires nous nous sommes occupés surtout du dosage des rayons X dans la pratique de la radiothérapie, et nous nous sommes efforcés d’établir l’intensité du rayon-

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nement absorbé en profondeur sous différentes conditions, en tenant compte du phénomène de la diffusion.

On sait que chaque particule du corps traversé par les rayons X émet une partie de ce rayonnement en forme de rayons secondaires diffusés. Prenons un point A et dirigeons sur lui un faisceau de rayons X, nous verrons que le point A recevra un rayonnement

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provenant de l’anticathode de l’ampoule et en plus un rayonnement de rayons diffusés, émis par les particules de son entourage. L'effet des rayons secondaires a été étudié par Sagnac (1). mais des notions plus détaillées nous ont été communiquées par Barkla (2) et Sadler et Masham. (3).

Les rayons diffusés se produisent au contact de toute molécule frappée par les rayons primaires. Ils naissent dans le verre de l’ampoule, dans les couches d’air sousjacente à l’ampoule et dans le corps du sujet à irradier. Ils émettent à leur tour des rayons diffusés tertiaires, et tout ce rayonnement secondaire et tertiaire se propage dans tous les sens de l’espace. L'importance capitale de ce rayonnement diffusé en radiothérapie réside dans le fait, que dans le corps humain les rayons diffusés ne sont pas absorbés dès leur origine, mais se propagent en tous sens, renforçant ainsi l’action du rayonnement primaire. La diffusion pouvait être négligée autrefois, où on se servait de rayons beaucoup plus mous, émettant très peu de rayons diffusés. Aujourd’hui, où l’on se sert de rayons plus pénétrants, elle est de première importance, car les rayons diffusés s'ajoutent à la dose incidente augmentant la dose profondé en des proportions très grandes. Le rayonnement diffusé ne se distingue du rayonnement primaire que par sa direction et possède toutes les propriétés du rayonnement primaire.

Friedrich et Krônig ont démontré l’importance du rayonnement diffusé en 1915 (4) Ils ont reconnu que l’émission du rayonnémenñt secondaire diffusé dépend:

1. Du caractère du rayonnement primaire; le rayonnement secondaire diffusé s'accroît avec la dureté des rayons primaires.

2. De la constitution physique du corps traversé. La diffusion se produit plus sensiblement dans les corps à poids atomique élevé.

3. De la grandeur du volume parcouru par les rayons X. Le rayonnement diffus est plus intense dans la profondeur du

(1) Annales de Chimie et de Physique 7 XXII page 493 1901.

(2) The London, Edinburgh and Dublin Philosophical Magazine and Journal of Science 7 page 543 et 812 1906. .

(3) Phil. Mag. VI. 24, page 138 1912.

(4) Münchener med, Wochenschrift 1915 Nr. 49.

‘corps à irradier qu’à la surface, et il est plus g grand au milieu d’un côn& d'émission qu’àson bord. Le’ maximum de rayonnerent secondaire sera donc atteint pour un point situé au centre d’une pyramide aussi grande que possible. ca

Les mêmes auteurs ont démontré d’uné façon très évidente l’influence du rayonnement diffusé pour la dose profonde. Ils ont calculé la valeur de la dose profonde pour un rayonnement filtré à travers 10 mm d’aluminium émis par un tube Coolidge, au moyen du coëfficient pur d'absorption (1) et de la loi du carré de la distance. Ensuite ils ont mésuré à l’aide de l’ionomètre la dose profonde, : en plongeant la chambre d’ionisation dans une cuve à eau, se rapprochant de cette façon de la diffusion produite dans le tissu organique (2%:

Les résultats ‘obtenus par le caleul dé la dose profonde et les résultats obtenus expérimentalement à l’aide de l’ionomètre présentaient des divergences considérables. Les valeurs de la dose profonde mesurées ionométriquement dépassaient de beaucoup les résultats obtenus par calcul, et ce désaccord ne pouvait être expliqué autrement que par le fait que le calcul de la dose profonde

ne comprenait pes les rayons secondaires.

Ils en conclurent que la valeur de la de. profonde ne tes pas être déterminée par calcul, mais doit être mesurée ionométriquement en plaçant la chambre d’ionisation sur,la région à irradier ou en déterminant la dose profonde à l’aide d’un « fantôme

d’eau » (3).

(1) Ou plutôt de la « Halbwertschicht » de Christen, méthode qui détermine le degré de pénétration d'un rayonnement par l'épaisseur d'eau qui réduit de moitié l'intensité du rayonnement incident.

(2) Des mesures très exactes avaient prouvé auparavant que le coefficient d'absorption des rayons Rôntgen dans le tissu humain est sensiblement le même que dans un même volume donné d'eau.

(3) Le fantôme d'eau est un récipient qui permet de placer par un dispositif spécial une chambre d'ionisation à différents niveaux, facilitant ainsi les mesures-

en des profondeurs différentes.

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