HISTORIQUE
Dès la découverte des rayons Rôntgen, on remarqua que les rayons X avaient la propriété de décharger les corps électrisés. Benoist et Hurmuzescu présentent le trois février 1896 à ‘l'Académie des ‘ Sciences ‘de ‘Paris’ (1) une communication sur des nouvellks propriétés des rayons X. Ces auteurs ont fait agir les rayons d’un tube de Crookes sur les feuilles d’or d’un électroscope, éloigné de 20 à 30 cm du tube et chargé successivement d'électricité positive et négative. Ils observèrent que les rayons X déchargeaint immédiatement et complètement l’électroscope, plus rapidement si la charge était négative que si elle était positive. Cette action se produisait aussi à travers des plaques d’aluminium interposés entre tube et électroscope, mais était plus difficile à obtenir en faisant traverser les rayons par du verre, du laiton et du zinc. Les deux auteurs fondèrent sur cette propriété une nouvelle méthode d’investigation pour étudier les lois de transmission et de production des rayons X, et démontrèrent l’exact'tude de la loi du carré des distances et le caractère hétérogène d’un faisceau de rayons X.
Swyngedauw (2) conduit par une analogie de certaines propriétés des radiations ultra-violettes et des radiations X, essaya l’action des rayons X sur ls potentiels explosifs et montra que les radiations X abaissent les potentiels explosifs statiques et dynamiques suivant les mêmes lois générales que les radiatons ultra-violettes.
Righi (3) avait fait en même temps que Benoïst et Hurmuzescu
des recherches sur la décharge des corps électriques par les rayons
(1) Comptes Rendus des Séances de l’Académie des Sciences, tome 122 page 235 et 379 (1896).
(2) Comptes Rendus, tome 122 page 375.
(3) Comptes Rendus. tome 122 page 376 et 601.
AT Eee
Rôntgen. Il employa un électromètre comme appareil de mesure, “en communication avec un disque métallique, muni d’une chargeélectrique. Il trouva qu’avec une charge initiale positive la décharge n’était pas complète, par contre avec une change négative non seulement le corps se déchargeait, mais aussi il se formait une charge positive. [1 trouva en outre que l’interposition d’une lame de verre, d’une lame d’alumtinium, d’une planche de sapin ou de la main de l’expérimentateur n’empêchait pas l’action des rayons X, mais ne faisait que l’affaiblir. Righi mesura le premier l'intensité des rayons X au moyen de leur action sur les corps électrisés en: procédant de la: façon suivante : Un disque ‘de cuivre’ est æn: communication avec un électromètre de Mascart et en même temps par l'intermédiaire d’une colonne d’alcool absolu ave le pôle isolé d’une série de. 2 à 10 petits accumulateurs. Le potentiel V, du disque descend à V,, lorsque les rayons X tombent sur lui,.et comme on constate que la différence Vo—Vi est. sensiblement
er Vu proportionnelle à V, on peut prendre ?=T comme mesure de
la dispersion électrique.
Righi vérifia en répétant ses expériences que ce rapport V,—V 0 l
re était proportionnel à l'intensité de la radiation reçue par
le disque et tira de là un moyen, pour mesurer l'intensité relative des rayons Rôntgen.
Perrin (1) étudia la question à fond. Il avait trouvé comme ses prédécesseurs que les rayons X pouvaient décharger en quelques. secondes un corps électrisé, simplsment en traversant le milieu gazeux qui l’env'ronne. [1 supposait déjà que les rayons Rôüntgen dissociaient les molécules gazeuses en libérant ainsi des ions positifs. et des ions négatifs. En présence d’un champ électrique les ions positifs deva'ent être attirés vers le champ électrique et les ions négatifs repoussés dans le sens contraire. Perrin arriva aux mêmes con-. elusions que Righi, c’est-à-dire que la quantité d'électricité neutre, d'ssociée par les rayons, était mesurable étant proportionnelle à l'intensité du rayonnement. En plus, il étudia les variations de-
1) Comptes Rendus tome 123 page 351et/878.
pression et de température et leur influence sur la dissociation des molécules gazeuses. Il put montrer que la quantité d’électricité dissociée était indépendante de la pression, mais proportionnelle à la température absolue des gaz.
Des: physiciens anglais comme Thomson (1) et. Rutherford (2) ont pratiqué de leur côté des expériences pour élucider le phénomènes, d’ionisation. Rutherford s’est occupé spéc'alement de la vitesse des ions produits par les rayons Rôntgen et
. les rayons de Becquerel, ét a trouvé par des mesures comparatives
-que la vitesse des ions produits par les rayons X était égale à la “vitesse des ions produits par le corps radioactif.