‹ Dosimétrie et son application à la radiothérapie profondeChapitre 6 sur 18 · BASES PHYSIQUES ET PRINCIPES DE L’IONO METRIE · texte numérisé non relu

BASES PHYSIQUES ET PRINCIPES DE L’IONO METRIE

Les substances radioactives possèdent comme les rayons X la propriété d’ioniser les gaz. Ce fait fut reconnu très tôt par. Becquerel et peut être démontré facilement. Il suffisait de poser un corps radioactif très près d’un électroscope chargé, et la décharge se montrait par la chute brusque des feuillets d’or. Aussi profita-t.on immédiatement de cette propriété importante pour pratiquer des mesures de radioactivité, méthode qui est “encore smployée aujourd’hui. On se demanda alors à quel rayonnement en particulier devait être attribuée cette action ionisante, et ilse trouva que les rayons « qui sont des atomés d’hélium chargés positivement et qui sont comparables aux rayons canaux produits -dans un tube de Crockes, ont le plus grand pouvoir ionisant. Les rayons 6 n’ont qu’un pouvoir ion'sant très réduit et l’ionisation produite par les rayons y est plutôt due au rayonnement & qui

(1) Proceedings of the Royal Society of London 59, page 274 (1896).

(2) The London, Edinburgh and Dublin Ws Magazine and Journal of Science, 42, page 392 (1896).

Phil. Mag., 44, page 429; Phil. Mag., 47, page 109.

Proceedings of the Cambridge Physical Society, 9, page 410 (18%),

résulte de la transformation des rayons primaires *Y traversant la matière. (1)

Mais les appareils de mesure employés dans le domaine de la radioactivité n’ont pas pu être utilisés pour mesurer les rayons. X. Les courants d’ionisation produits par les corps radioactifs sont bien plus faibles que ceux des rayons Rôntgen, la radiation du Radium étant sur son trajet déjà absorbée par une couche d'air de quelques centimètres d'épaisseur. En outre, le rayonnement X se distingue par une émission plus forte de rayons secondaires se composant du rayonnement secondaire diffusé, du rayonnement dit caractéristique et du rayonnement corpusculaire. On hésita donc longtemps à employer cette méthode pour mesurer les rayons Rôntgen, bien que Villard avait montré, il y a plus de 13 ans, que la vitesse, avec laquelle un électroscopeétait déchargé sous l’influence des rayons X, pouvait servir à. * mesurer leur quantité.

Se basant sur ces phénomènes des rayons X, Villard (2} avait réalisé un appareil nommé «Radioscléromètre», destiné à mesurer la qualité des rayons X. Cet appareil se composait d’un. électromètre à quadrants dont l’aiguille était reliée à une lame: de métal radiochroïque comme l’aluminium qui a un coëfficient. d’absorption différent pour les rayons de longueur d’onde différente. Cette lame A était placée entre deux plateaux B et C, maintenus à des potentiels constants. Un faisceau de rayons X, dirigé sur l'ouverture pratiquée dans l’enveloppe protectrice générale arrivait dans l'espace A-B et après avoir traversé le filtre A, arrivait dans l'espace A-C et produisait l'ionisation de l'air contenu: dans les deux chambres. L’ionisation produite dans l’espace A-C était nécessairement moindre que l’ionisation produite entre A et B, une partie des rayons étant absorbée par le filtre A. L’absorption des rayons X par le filtre A était différente pour des rayons. durs et des rayons mous, et le rapport des degrés d’ionisation de

(1) Wilson: The London, Edinburgh and Dublin Philosophical Magazine and Journal ot Science. 17 page 216. 1900.

Bragg: Phil. Mag. 20 page 385 1910 et Proceedings of the Royal Society of London A 85$, page 349 1911.

(2) Archives d'Electricitè Médicale 1908 page 692. :

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l'air traversé par un faisceau de rayons Rôntgen avant et après filtration par un corps rädiochroïque, était indiqué par l’électromètre. L’aiguille de l’électromètre se déplaçait devant une échelle graduée en degrés Benoist et indiquait comme le radiochromo. mètre le pouvoir pénétrant des rayons.

Fig

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