‹ Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday, devant le TribunalChapitre 64 sur 90 · MAISON DE LA RUE DU BÈGLE · texte numérisé non relu

MAISON DE LA RUE DU BÈGLE

gentan, que nous avons pu trouver les indications qui devaient nous conduire à assigner avec certitude le lieu de la rue du Bègle^ où M. d'Armont devait recevoir la Lettre célèbre, écrite de la Conciergerie.

Dans ces Archives, il existe un Registre des certifficats de résidence délivrés par la Municipalité d'Argentan, depuis le 7 Janvier ^ 793, l'An 2" de la République Française.

Sous la date du U de May^ on trouve la mention suivante :

« Donné un Certifïîcat de Résidence au Citoyen Jacques François » d'Armont, demeurant en cette ville depuis \q \^ février 4793, » jusqu'à ce jour, en la maison des héritiers Jouis, Rue du Beigle, » sur Tattestation des citoyens Vautorte, JeanAubert, Pierre Aubert, » Desmarets, Girard, DoUis père, et DoUis fils, tous neuf domiciliés » en cette ville, soussignés. — Suivent les signatures. »

Il y avait déjà là une désignation très-claire : Maison des héritiers Jotiis ; mais elle se précise encore davantage dans les deux certificats de résidence délivrés au père et à la mère de M. de Corday, à la date des>l«'et 40juinn93.

a Donné un certificat de résidence au citoyen Jacques Adrien Corday, demeurant en la maison du citoyen Jouis, Cour Besnier^ depuis deux mois. »

Et la même indication se retrouve dans le certificat donné à la citoyenne Marie Belleau de Corday, la femme de Jacques Adrien de Corday.

La Cour Besnier^ il y avait là une indication de plus : une troisième se trouvait dans un plan visuel que possèdent les Archives d'Argentan. Nous en donnons un extrait :

Ce plan représente chacune des maisons de la ville, vue à vol d'oiseau, avec un numéro d'ordre, qui renvoie à des tables contenant les noms des propriétaires.

On y trouve sous le n** 232, les maisons et jardin du s"" Jouis, et à côté la Cour à Besnier, dès l'année 4755.

Nous avons voulu savoir si cet état de choses subsistait encore en 4793, et nous avons appris par les titres que nous rapportons parmi les pièces justificatives, qu'à cette époque. Jouis étant mort, sa pro-

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priété appartenait indivisément à ses héritiers. (Voyez pièces justiQtives,noI.)

La Cour Besnier subsiste telle qu'elle était en 4793.

Elle porte aujourd'hui le n** 22 de la rue du Bègle i.

On y accède par un porche cintré, dont Tarcade est en pierre, avec une clef de voûte sculptée : l'entrée reste librement ouverte, et n'est fermée la nuit que par une grille en bois à clairvoyes.

Le fond de la première cour est occupé par un grand manoir avec toit élevé, à girouettes historiées, appartenant alors à Madame de Beauménil (Voy. le n® 234 du plan). C'est à cette vaste construction qu'est adossée l'humble demeure où s'était réfugiée la famille de Corday. Pour y parvenir, il faut traverser la cour commune, suivre un passage étroit qui longe le pignon du manoir de Beauménil, traverser une seconde cour close par un mur élevé, et s'engager dans un long corridor qui débouche dans un petit jardin. C'est dans cette retraite presque inabordable, que les grands parents de Charlotte et son père étaient venus chercher un asyle et abriter leurs têtes menacées. La vue photographique que nous reproduisons par la gravure, représente le passage au fond duquel étaient les habitations Vautorte et Jouis, habitées par la famille de Corday. La partie supérieure de la maison Jouis a été détruite par le feu. C'est pour cela qu'au lieu delà maison même, qui a subi de grandes modifications, nous avons reproduit l'aspect de la cour Besnier^ avec ses sinuosités et ses masures.

C'est là que le Citoyen Corday est trouvé dans une chambre ayant vue sur le jardin^ écrivant son sentiment sur les Lois, probablement sur la Constitution nouvelle, qui avait été tout récemment discutée et promulguée.

1. Argentan étant une station de la route deCaen au Mans, nous devons tracer ^itinéraire nécessaire pour trouver la rue du Bègle, à l'intention des personnes qui voudraient visiter cette maison historique :

En sortant de l'embarcadère du chemin de fer on prend la rue du Croissant, la rue de l'Orne, la rue de la Chaussée , allant du sud-ouest au nord-est, on passe les deux ponts de l'Orne, et on trouve la rue du Bègle qui va du nordouest au sud-est, de la rue de la Chaussée à la rue des Moulins.

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