Témoin a déclaré ne rien savoir
11. Pierre Fauvel, journalier, demeurant en la paroisse de Saint- Georges en Auge, âgé de soixante ans, a déposé :
Qu'un samedi au soir, il y a environ trois semaines ou un mois, en revenant du bois de Gametot, il vit dans le grand chemin de Trun à Livarot, à peu près vis-à-vis la maison de Monsieur Lesage, deux hommes à côté l'un de l'autre, qu'on luy dit être l'un, le sieur Cordai Dar-
mont, et Pautre, Jean Louis Bellauney. Le sieur Darmont remis son sabre dans une canne ou un bâton, Bellaunay qui avait une main pleine de sang luy dit : tu m'as blessé, tu portes une arme que tu ne doit pas porter, il faut que je Paye; il faut que tu me la donne. En même temps, Bellaunay saisi le sieur Darmont par son habit et luy dis : te voilà bien empoigné ; Darmont tira son sabre et laissa tomber par terre le bâton ou la canne ; il présenta le sabre au corps de Bellauney pour le percer, Bellaunay le lâcha et dit: Travaille s.... b..., je n'ai qu'un bâton. Le sieur Darmont fit son possible pour le percer, et Bellaunai paraît toujours avec son bâton. Le sieur Darmont se retira en arrière et en grinçant des dents ; il fonça avec la pointe de son sabre sur Bellaunay qui écarta le coup et le fis passer par sous son bras. Le sieur Darmont passa dans une petite herbage avec Dupont, menuisier; Bellauney s'en fut chés lui et revint avec un fusil. Le sieur Darmont repassa dans le chemin y et de Zà, dans la cour de Motisieur Lesage. Bellauney le poursuivit avec son fusil.,.
Signé: P. Fauvel, etc.
12. Philippe Fauvbl, journalier, demeurant à Saint Georges en Auge, âgé de trente neuf ans, a déposé :
Qu'un samedi du mois de may dernier, en s'en revenant sur le soir du bois de Garnetot, il vit dans le chemin de Trun à Livarot^ trois hommes qui sortaient de la cour de Monsieur Le Sage : un nommé Gauvigni, un autre qu'on luy dit être le sieur Gorday Darmont et Jean Louis Bellaunay, maréchal au Ghesne au Loup ; le sieur Darmont avait un sabre nud à la main, il le remis dans une canne ou bâton. Jean Louis Bellaunay prit Darmont au collet, et luy dit : te voilà bien empoigné ; tu as un sabre avec lequel tu m'as blessé que tu ne dois pas porter ; il faut que tu le rende. Le sieur Darmont tira son sabre, jetta le bâton ou la canne par terre, et voulu avec son sabre percer Bellauney. Bellaunay le lâcha, se défendit avec son bâton, Darmont dit : Voilà un homme qui veut me forcer à le battre. Il se retira en arrière, et porta au dit Bellauney un coup de la pointe de son sabre. Bellaunay para, et le coup passa par sous son bras. Bellaunai dit au sieur Cordai : travaille, travaille. Le sieur Cordai ne voulut pas recommencer. Bellauney quitta, s'en fut et revint avec un fusil, et fut après le sieur Darmont qui s'échappa par dans la cour du sieur Le Sage.
Signés : Philippe Fauvel ; le Sénéchal et J. N. Peschet.
DE M. DE GOBDAY. 55
13. Pierre Bienvenu, journalier, demeurant à Saint Georges en Auge, âgé d'environ trente ans, a déposé :
Qu'un samedi, il y a environ un mois, en s'en revenant de travailler du bois de Gametot, sur le soir, il vit dans le chemin de Trun à Livarot, le sieur Cordai Darmont^ avec un nommé Bellauney, maréchal auGhesne au Loup. Le sieur Darmont avait un sabre ou épée nud à la main : Bellaunay tenait un bâton : ils s'escrimaient l'un et l'autre. Le sieur Cordai mis son sabre dans son foureau, et marchèrent à côté l'un de l'autre pendant quelques momens. Bellauney dit au sieur Darmont : tu as une arme que tu ne dois pas porter, il faut que tu la rende. Bellauney prit Darmont au collet ; ce dernier prit aussi Bellauney au collet, Bellaunay dit à Darmont : te voilà bien empoigné. Darmont tira son sabre et jetta le foureau par terre, et tenta par deux fois de percer Bellauney. Bellauney dit : travaille tant que tu voudras, tu as ton épée, et moi je n'ai qu'un bâton, cela ne fait rien. Le sieur Darmont dit à Bellauney ; n'approchés pas, je n'ai pas envie de vous faire de mal. Ensuite le sieur Darmont dit à lui déposant et à ceux qui étaient avec luy : Messieurs, il vous ressouviendra que Bellauney me force de me battre avec luy, et que je ne veux pas. Ensuite, le sieur Darmont voulu porter un coup de la pointe de son sabre à Bellauney qui le para. Le sieur Cordai dit à Cauvigni : Pourquoi n'empéchiés-vous pas Bellaunay : ne voyiés-vous pas bien que je ne lui voulais pas dje mal. Cauvigni répondit qu'il était trop loin de lui. Les sieurs Darmont et Bellaunay se séparèrent. Bellaunay revint avec un fusil, passa dans la cour de Monsieur Lesage, après le sieur Darmont, et cria : Arrête le voleur, arrête, arrête !
Signés : P. Bienvenu, le Sénéchal et J. N. Peschet.