DE M. DE GOB0AT
en arrière, et il ne resta que le fonreau dans la main de Bellauney. Bellauney, dit-il, s'arma de son bâton pour se défendre contre Monsieur Darmont ; Monsieur Darmont le blessa à deux endroits, dont le dit Bellauney fit voir les marques à luy déposant, Bellauney et Monsieur Darmont ensuite passèrent tranquillement les Bruièresà cdté Tun dé l'autre; et arrivés au grand chemin de Livarot à Trun, Bellauney s'apperçut que la main luy saignait; alors il dit au sieur Darmont : 8.... M.... Tu m'as blessé, il faut nous voir ; nous allons nous battre ; il se jetta sur le sieur Darmont avec son bâton ; le sieur Darmont se défendit avec son épée, le sieur Darmont sauta par dessus un fossé, et le sieur Bellauney luy a dit qu'il fut chercher son fusil pour tuer le sieur Darmont ; et que si la veuve Motte ne luy eut pas ouvert sa porte, il l'aurait clouté d'un coup de fusil. Si j'avais pu l'attrapper, dit-il hier, je l'aurais tué : je ne l'aurais pas manqué , mais nous ne sommes pas quittes d'ensemble, je le reverrai. Le déposant dit à Bellaunai : tu ne voudrais pas aller l'attendre pour le tuer; Bellauney luy répondit que non; mais que s'il savait qu'il fut à le guetter dans un endroit, il irait le trouver; qu'il se f... . de mourir comme de vivre. Le déposant s'en fut avec Bellauney à Montpinçon, lequel Bellauney racontait les mômes faits à ceux qu'il rencontrait, leur montrant son bâton et ses coups ; plusieurs luy dirent qu'il ne fallait pas se faire justice soi-même; qu'il vallait mieux punir le sieur Darmont par la bourse, Bellaunay répondit : cela ne fait rien ; c'est toujours un Jean f.... ; il ne doit pas porter d'armes, apparemment qu'il a envie d'en faire un mauvais usage. En descendant à Montpinçon, Bellauney dit au déposant que le sieur Darmont n'était pas près de passer devant sa boutique ; qu'il avait tué des lièvres de bon cœur, mais qu'il aurait encore tué d'un meilleur le sieur Darmont. En quittant Bellauney, ce dernier dit au déposant qu'il allait aller à la Municipalité raconter l'affaire, et qu'il allait poursuivre le sieur Darmont.
Signés : Charles Aubry, le Sénéchal et J. N. Peschet.