‹ Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday, devant le Tribunal révolutionnaireChapitre 62 sur 84 · AYANT-DERMIÈRE LETTRE DE GHAULOTTE A SON PÈRE · texte numérisé non relu

AYANT-DERMIÈRE LETTRE DE GHAULOTTE A SON PÈRE

que comme subordonnés à la représentation nationale, et ne peut sans de grands motifs se permettre de solliciter auprès d'eux ou de leur conduire des solliciteurs; qu'on est obligé de croire d'après les démarches qu'il a faites avec la fille Corday, qu'il prenait un grand intérêt à cette fille, ou que cette fille lui était recommandée par quelque personne avec laquelle il avait une grande intimité.

R. Qu'il n'est rien d'aussi naturel que de s'intéresser à une demande aussi simple que celle de la demoiselle Corday qui n'était autre chose que de retirer des papiers, qui étaient chez le Ministre, qu'elle venait réclamer; qu'il n'était pas là question d'aucune sollicitation autre que celle-là, et qu'il ne s'y était employé que pour remplir l'objet de la lettre que lui avait adressée Barbaroux, qui a été remise au procès ; que c'est là toute la part qu'il a pu y prendre.

D. La fille Corday ne vous a-t-elle pas sollicité d'aller à Caen joindre les Députés qui s'étaient évadés.

R. Qu'elle l'a fait à plusieurs reprises dans les différentes entrevues qui ont eu lieu entre l'accusé et elle, et qu'il lui avait constamment répondu que son poste était à Paris, qu'il ne pouvait consentir à se déterminer à l'abandonner.

D. Si la fille Corday ne lui avait pas dit ce qui se passait à Caen, et notamment qu'il y avait déjà des corps de troupes formés pour marcher sur Paris et que les soldats étaient journellement inspectés par les Députés évadés.

R. Qu'elle lui dit qu'il se rassemblait des troupes à Caen, mais que jamais les Députés ne les avaient inspectées ; qu'à l'égard de sçavoir si elles doivent se porter sur Paris, il ne se rappelle pas qu'il en ait été question.

Le surplus de l'interrogatoire est étranger à Charlotte.

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