INTERROGATOIRE DE DUPERRET
noms fassent mal rendus, Corrf^ pour Corday; d'Armand, pourd'^rmon^.
Charlotte de Gorday dit de son côté, dans son interrogatoire, « qu'elle était abonnée au Journal de Perlet, » comp. ci-dessus p. 12. Il y avait donc accord entre les idées de Charlotte et celles de son père, en matière politique, puisque, vivant dans deux villes distinctes, ils étaient abonnés au même journal.
Cependant M. de Corday ne connaissait pas encore officiellement la mort de sa fille, mais il ne la devinait que trop.
Nous disons qu'il ne devait pas encore connaître l'exécution, par/se que le récit ne se trouve que dans le Journal de Perlet, du vendredi 19 juillet, numéro qui ne pouvait être arrivé à Argentan le 20, jour où avait lieu l'interrogatoire de M. d'Armont.
Le Moniteur était encore bien plus en retard. Le compte-rendu du procès de Charlotte de ('orday ne commença que dans le n® 210, qui est daté du 29 juillet 1793.
Et le Vendredi trente du dit mois d'Août, en présence des dits Juge, Adjoint (Coffînhal et Fouquier-Tin ville), de l'Accusateur public et du Commis-Greffier, avons continué l'Interrogatoire du dit Lauze Deperret, ainsi qu'il suit. (La première partie de l'interrogatoire contenait déjà quelques questions relatives à Charlotte de Corday, mais sans intérêt.)
D. S'il n'avait jamais été dans la maison oii habitait la fille Gorday. .
R. Qu'il y avait été deux fois, scavoir le vendredi au matin ou pour mieux dire, le lendemain de l'arrivée à Paris de la fille Corday, jour auquel elle était venue le trouver chez lui ; que le dit jour il avait été la voir le matin sur les onze heures ainsi qu'il lui avait promis la veille, pour de là se rendre chez le Ministre de l'intérifmr, qu'il y était également revenu le soir sur les huit heures du même jour.
D. Quels étaient les motifs qui avaient nécessité le dit Duperret à faire deux visites dans la même journée à la tille Corday?
R. Que n'ayant pas trouvé le Ministre visible; le portier leur ayant dit qu'il le serait le soir à huit heures, et étant convenu avec la demoiselle Gorday, en présence du portier, d'y retourner à la ditte heure. C'était à cette fois qu'il s'était rendu de nouveau chez la fille Gorday.
32 iHmiOGÀTOimB de durukt.
D. Pour une fois qaHl awt vu la fille Corday, il y avait pris un grand intérêt^ puisque, malgré les occupations que lui donnaient les fonctions de Dépoté à la Convention nationale, il avait pu aller deux ibis dans la même journée chez la fille Gorday, qu'ainsi il fallait croire que cette fille avait des choses très-intéressantes à démêler avec lui.
R. Que les heures auxquelles il s'est rendu chez la demoiselle Cîorday, ne pouvaient aucunement le distraire de ses fonctions de Député, pour un objet aussi simple et un temps aussi court que celai qu'il était nécessaire d'employer pour remplir l'objet dont il était question ; qu'au surplus, il n'a pris d'autre intérêt à elle que celui que tout homme honnête prend quand il s'agit de rendre service.
D. Où restait la fille Gorday?
R. A l'hôtel de la Providence, rue des Yieux-Augustins.
D. Si les deux fois qu'il a été chez la fille Cîorday, il était seul.
R. Oui.
D. S'il a trouvé la fille Gorday seule et s'il lui a parlé tête à tête.
R. Qu'il l'a trouvée seule, qu'il s'y est arrêté quelques minutes pour parler d'abord de son affaire chez le Ministre et ensuite ils s'entretinrent quelques instants sur les députés qui étaient à Gaen.
D. Dans cette conversation intime, n'a-t-il pas été question de Marat?
R. Que le nom de Marat n'a pas seulement été prononcé.
D. La fille Co.rday vous a-t-elle fait part des motifs de son voyage à Paris.
R. Que la fille Gorday ne lui a parlé que de la commission qu'elle avait à faire chez le Ministre de l'intérieur.
D. N'avez-vous point vu la fille Gorday le matin du jour de l'assassinat de Marat.
R. Que non.
A lui observé que dans les débats lors du jugement de la fille Gorday il a été déposé qu'il l'avait vue le jour de l'assassinat de Marat.
R. Que les témoins se sont si étrangement trompés que s'ils s'obstinaient encore à le soutenir, il offre de prouver son alibi.
A lui observé qu'il est étonnant que ne connaissant point la fille Gorday, il ait été deux fois chez elle et l'ait conduite chez le Ministre de l'intérieur ; qu'un Député à la Gonvention ne doit voir les Ministres