‹ Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday, devant le Tribunal révolutionnaireChapitre 70 sur 84 · PLAINTE DE M. DE GOBOAT · texte numérisé non relu

PLAINTE DE M. DE GOBOAT

qu'après sept heures du soir pour signer la clôture du Procès verbal, il n'arriva point, le Commissaire et les Officiers municipaux s'enfurent, un moment après le dit de Gorday partit aussi, il rencontra sur la Paroisse de Montpinçon, au carrefour du nommé Durand (voyez lettre B), le dit Bellauney* avec un nommé Gauvigni de Garnetot, causant avec plusieurs personnes ; Bellaunay et Gauvigny quittèrent ces personnes et suivirent le dit de Gorday jusques dans la bruiere de Montpinçon (voyez lettre G), au bas de laquelle parurent, le Commissaire, les deux Officiers municipaux et le sieur du Ghesnes, greffier ; un d'eux fit signe à Bellaunay de venir à Eux, au lieu d'y aller, le sieur Bellaunay sans rien dire, se jetta sur le sabre que le sieur Gorday portait à sa main, et n'en eu que le foureau : alors, le sieur Bellaunay leva un cours bâton ayant une petite massue au bout sur le sieur Gorday, lequel pour éviter le coup, porta au dit Bellaunay à l'estomach un coup de la pointe de son sabre qui n'entra pas, mais qui déchira un peu la veste du dit Bellaunay, celui-ci rendit le foureau en disant qu'il avait eu tort, ensuite le sieur Bellaunay s'appercevant qu'il était légèrement blessé à la main s'emporta de nouveau, et dit plusieurs fois au sieur Gorday, o si je voulais, je vous oterais votre sabre, » il suivit le sieur Gorday jusqu'au grand chemin de Livarot à Trun (D), en répétant toujours, « si je voulais, je vous oterais votre sabre, » et là voyant plusieurs personnes, entr'autres trois bûcherons des Bois du Mesnil-Imbert et de Garnetot, le sieur Bel-

launai s'emporta de nouveau et dit : vous m'avez blessé, il faut que

vous m'ayés ou que je vous aye; ayant son bâton levé, il avança sur le sieur Gordai, ce dernier avait gardé son sabre nud pour empêcher Bellaunai de l'approcher, le dit sieur Gordai dit : « vous voyés que je ne veux pas vous tuer, n'approchés pas, vous me forceriés de vous tuer. » Dans ces entrefaites, paru le nommé Dupont, Menuisier de la paroisse du Thilleul, qui cria à Bellaunay : — finis donc Bellauney, sans que celui-ci cessât de poursuivre le sieur Gorday : alors il passa quelqu'un entre le sieur Gorday et le sieur Bellauney, ce qui obligea le sieur Gorday à baisser son sabre. Le sieur Bellaunay profita du moment et, par derrière le passant, saisit le sieur Cordai au collet en disant : « Je te tiens

t. Ce nom est écrit tantôt Bellauney, par un e, tantôt Bellaunay par un a, quelquefois par un z\ et à la ligne suivante par un y, nous n'avons pu que suivre ces variations sang nous prononcer entre elles. — Il en est de même du nom de Corday que l'on trouve écrit indifféremment par un i et par un y. L'orthographe vraie est Corday.

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