INFORMATION SUE LA PLAINTE
Le sieur Cordai passa dans la cour de la ferme de la dite veuve Motte, et dit à Luy déposant, sauvés moi la vie, voilà le maréchal du Chesne au Loup qui est saoul comme un gueux, il me court pour me tuer. Le maréchal en passant, dit au déposant : pourquoi n'as tu pas arrêté cet homme là; il m'a maltraité ; en voilà les marques; le maréchal avait la main ensanglantée ; le sieur Cordai passa dans la maison, le maréchal le poursuivait toujours avec son fusil, disant que le sieur Cordai l'avait manqué, mais lui, qu'il n^allait pas le manquer. La veuve Motte luy dit : Bellauney, retirés-vous, ne faites pas de malheur chés nous. Bellaunai dit : comment vous voulés sauver la vie d'un [pareil] honmie; il ne voulait pas sauver la mienne; il a voulu me tuer, en voici les marques, en montrant sa main et son estomach auquel il y avait deux marques de sang, si je n'eusse pas paré les coups, j'étais un homme mort. Bellaunay est entré dans la maison, disant qu'on avait retiré le sieur Cordai ; qu'il était dans les appartements, et qu'il voulait le chercher partout : on luy dit que le sieur Cordai était sortie le sieur Bellaunai passa dans l'escalier ; et, ne trouvant rien, il se retira, en disant : si je l'attrape, je le tue, parceque s'il avait pu, il ne m'aurait pas manqué. Ils étaient neuf ou dix ; c'étaient des ignorans, il aurait bien dû nous séparer. Le dit Bellaunay s'assit sur le perron de la maison, oii il se répandit de sa main environ un demi verre de sang. Le déposant a ajouté que le fusil de Bellaunay était un fusil à deux coups, auquel il manquait une pierre ; et lorsque le sieur Bellaunay poursuivait le sieur Cordai, ils n'étaient pas à plus de cinquante pas de distance l'un de l'autre.
Le témoin a déclaré ne savoir signer.
Le Sénéchal. — Peschet.
6. Marie Lepringe, veuve de Robert Motte, demeurant à Montpinçon, âgée de quarante six ans, a déposé :
Que le samedi douze de ce mois, sur le soir, étant dans son jardin, elle entendit dans l'herbage de Monsieur Lesage, située à Montpinçon, Bellaunay, maréchal au Chesne au Loup crier, arrêtés, arrêtés ; elle fut à la barrière de l'herbage du sieur Lesage, le sieur Cordai dit Darmont, du Mesnil-Imbert, passa et dit à elle déposante, sauvés moi la vie, voilà le maréchal du Chesne au Loup qui me court, il est saoul comme un gueux ; il veut me tuer. Le maréchal arriva, elle lui dit : Bellauney, je vous prie: qu'il n'y ait pas de tapage chés nous, et je vousprie de ne pas le tuer ; sur cela, Bellaunay répondit : vous avés bien peur de la mort
DE M. VR CORDAT. 51
(run homme, vous n*avés pas peur de la mienne, il dit : voyés comme il m*a coupé la main, la main était ensanglantée ; il montra encore son cstomach oh il y avait deux marques de sang à deux places où la peau était percée. Ensuite il dit : j'ai aij^i avec trop de prudence avec le sieur Darmont, si j'avais voulu, je l'aurais tué. Le sieur Cordai passa dans la maison et ensuite dans le jardin (J). Bellaunay avait un fusil à deux coups auquel il manquait une pierre ; il entra dans la maison et dit : jo veux le tuer, je m'en vais le tuor ; la déposante a ajouté que Bellauney poursuivant le sieur Cordai dans l'herbage de Monsieur Lesage, iceluy Bellaunay n'était pas beaucoup éloigné du dit sieur Cordai.
A déclaré ne vouloir signer, quoi qu'elle le sache.
Signés Lo Sénéchal et J. N. Peschet.
7. Marie Motte, épouse de Michel L.vink, demeurante à Montpinçon, îlgée de dix-sept ans, a déposé :
Que le samedi douze de ce mois, sur le soir, étant dans le jardin de la ferme do sa mère (I), située à Montpinçon, elle entendit crier dans l'herbage du sieur Lesage, situé (G) à Montpinçon : — Arrête. Elle fut à l'herbage du dit sieur Lesage ; elle vit le sieur Bellauney, maréchal du Ghesne au Loup armé d'un fusil, lequel poursuivait le sieur Cordai fils, dit Darmont, du Mesnil-Imbert, en criant : — Arrête, Alors, ils n'étaient pas beaucoup éloignés l'un de l'autre : le sieur Cordai passa et dit à elle déposante, ainsi qu'à sa mère et au domestique: t Sauvés moi la vie, voila le maréchal du Chesne au Loup qui veut me tuer, il est saoul comme un gueux. » Le sieur Cordai gagna du côté de la maison, et de là, passa dans le jardin (J). Bellaunay le poursuivait et dit en passant : « Il faut que je le tue; » il n'a pas eu peur de me tuer; il m'a donné un coup à la main et deux coups à l'estomach ; la mère de la déposante voulut arrêter le dit Bellauney en luy disant Bellaunay : ne faites pas de malheur chés nous. Bellaunay entra dans la maison après le sieur Gorday, disant qu'il était dans les bâtimens. On luy dit de chercher par tout, qu'il n'y était pas. Bellauney sortit par la porte de devant et fut jusqu'au four (K) ; et, voyant qu'il ne trouvait point le sieur Cordai, il cessa ses poursuites.
A refusé de signer, et a requis taxe.
Signés : le Sénéchal et J, N. Peschet.
Tels sont tous les témoins qui se sont présentés. Lo sieur Iluhorl.