CHAPITRE XXI
») travaillé lui-même en secret à la déban-
» dade générale de son armée ; que c''est
» grâce à son entremise , que les confédé-
» rés ont pu signer leurs traités de paix
» avec Louis IX ; et qu^enfin, chef inconce-
» vable , il n'*a rien négligé lui-même pour
» terminer la guerre civile au profit de
» tous... hors au sien.
), — Hors au sien !
» — Les faits Pont prouvé. Tous les re- » belles , indistinctement, quels que soient )) leur rang et leur nom, reçoivent pardons » et faveurs, Enguerrand lui seul excepté. » On ne lui tranche pas la tête, on ne le )» chasse point de France, on ne le jette pas h aux cachots : voilà tout : c'est Féchapper » belle ! il vivra , exilé , dans ses terres.
» — Démence î... horreur !... s'écrie » Raymond. Mais ces choses sont impos-
)) sibles ; ce sont d'absurdes impostures. En ;> voilà assez : qui es -tu ?
» — Qui je suis ? regarde î
)) — Roger ! »
Le chef a levé sa visière. Le terrible vicomte de Béziers est debout devant Raymond ; on eût dit, à la singulière contraction de ses traits, qu'il venait de s'efibrcer, mais en vain, de faire rire sa face décharnée. L'expression de son regard fixe et profond avait quelque chose de cakne , de dévorateur et de tenace, qui rappelait l'œil du basilic.
Roger tend la main au jeune homme.
« — Raymond , nous fûmes ennemis :
» oublions nos ressentimens ; et réunissons » nos vengeances. Je suis venu, ici , te