CHAPITRE XI
condent à renvi ses fureurs. La noble héritière est sans craintes , son cortège n'a nuls soupçons , et le cloître était sans défense. Le vicomte enlève Marie.
En vain on a couru de toutes parts à la recherche des ravisseurs ; on n'a pu découvrir leurs traces. Roger est arrive en Champagne; il n^a plus ses habits de prêtre, et c'est en paladin qu'il voyage.
Où porte-t-il ses pas? A Coucy. Il a ouï dire que les grands vassaux du royaume organisaient un vaste complot contre les héritiers de Philippe- Auguste, et que le fameux Enguerrand serait le souverain de leur choix. Le héros de Béziers abhorrait la maison régnante de France , qui avait aidé le Saint-Siège à conquérir le Languedoc : il
vole au castelde Coucy.
Il n'a point révélé son nom ; mais cependant il en a dit assez à Tillustre Enguerrand, et ses paroles ont été appuyées d^assez de preuves , pour que le chef de la ligue ait pu reconnaître en lui un chevalier de haute naissance. Coucy lui offre généreusement un asile sur ses terres; et le mystérieux exilé s^établit à la maison forie.
Il a fait meubler et décorer avec luxe les appartemens souterrains du p^al des Ombres pour riiéritière des Montfort. La douceur, la jeunesse et la beauté de Marie ont adouci peu à peu son humeur bizarre et sauvage. Il prend pitié de la captive ; des femmes dévouées la servent; et, excepté la liberté, rien ne lui manque en sa demeure.
Une lettre sans signature est remise au comte Amaury.