CHAPITRE XI
<( — Ta fille, au pouvoir tVun barbare,
)) est mourante en de noirs cachots. Le plus
)> implacable de tes ennemis se venge des
» Montfort sur Marie. Pleure son destin :
» tu ne la reverras que flétrie ; pleure
» en larmes de sang les angoisses de
)) ton enfant. Plus de beaux jours pour toi
)) ni pour elle. Infâme I à ton tour la souf-
» franceî »
Roger avait besoin d^un serviteur discret vmprès de sa captive. Un chevalier, venu de ia Palestine , avait ramené avec lui un esclave africain , et , mort peu après son retour en France, avait recommandé son jeune Sarrasin au sire de Coucy. Hakem servait le futur roi ; son premier maître , un Maure féroce , Tavait fait mutiler en bas âge pour remployer sans inquiétude à sunièiller les femmes de son harem. Le malheureux Ha-
kem ne pouvait ni parler ni écrire : c^était là un précieux varlet. Roger le demande à Coucy; ce dernier le lui abandonne ; et le vicomte de Béziers confie sa captive à Tesclave.
Bientôt, tout dévoué à Marie, Hakem jure sa délivrance. Il essaie il réussira.
Roger parlait combats en héros. Enguerrand trouvait un singulier charme à l'entretien du mystérieux vieillard. De fréquentes communications sVtaient établies entre eux : une idée surgit au vicomte. Montfort haïssait le sire de Coucy , qui^avait toujours refusé de porter ses armes contre les Albigeois. S^il faisait épouser Marie au valeureux Enguerrand , ennemi du comte Amaury ySans lui révéler sa naissance, et à la condition expresse de faire une guerre