CHAPITRE XXI. n
»> sans prendre avis de personne î De quel » droit nous les imposer ?
a — Peu importe , s^ils te profitent. •>
Raymond a détourné la tête. La figure du vicomie était pétrifiante. Tantôt elle s'éclairait d^une joie de damné , tantôt elle se rembrunissait d^un nuage de mort. Les deux chevaliers s^observaient ; et tandis que leur entretien heurté , roulant par bonds et par saccades , se poursuivait sans ordre et sans marche , ils sondaient chacun , réciproquement et à part , leurs paroles de rapprochement et leur silence de tombeau.
Ils avaient traversé la vallée. Le comte de Toulouse, cherchant à s'^arracher brusquement aux sombres réflexions qui Toppressaient , s\idresse au sire de Béziers .
« — Où est Enguerrand ?
» — Je Tignore.
» — Au château de Coucy peut-être?
»' — C'est possible : il a quitté Saintes.
» — Y étiez-vous resté près de lui ?
» — J'étais au bord de la Charente ; » et j'ai vu de loin , comme lui , la ba- » taille de Taillebourg.
» — Racontez-la moi.
» — Volontiers. »
Le vicomte fait son récit : pas un détail n'est oublié.
« — Le fils de France est donc un hé- »> ros? interrompt froidement Raymond.
» — Tout chevalier fiançais est brave.
» — Poursuivez. Que devint Henri 111 " après la journée de Taillebourg? il dut » combattre aux plaines de Saintes ?