‹ Double règne (volume 2)Chapitre 153 sur 191 · CHAPiTRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPiTRE XXL

(( — Il en est qui oublient leurs sermens; )> il en est qui changent de route ; il en est » qui se manquent à eux-mêmes. Pour )) moi , je n'ai rien oublié ; je n'ai pas quitté w mon chemin , et je ne saurais me man- )) quer. Je marche à mon but, et j'arrive. »

Raymond a relevé la tête : la maison foiie est devant lui, et Hakem en ouvrait les portes.

Le ciel , chargé de nuages grisâtres , était sans chaleur et sans astre. L^air était humide et glacial , la nature sombre et silencieuse. Raymond , Tœil iixé sur la maison

forte ^ a senti défaillir ses membres. Son sang ne court plus dans ses veines ; et Ton eût dit qu^un horrible pressentiment, le frappant à Timproviste , venait de renverser sa vie , comme Feau dW flacon heurté.

a — Entrez, messire! dit Roger. Marie » de Montfort est ici.

)) — Marie î répète le jeune homme avec )) une froide violence : je n^ crois pas; » voyons cependant. Où dites-vous qu'elle

») est? Guidez-moi. Je ne sais ce que

» j'ai j'étoufle. J'ai besoin d'air et de

)) lumière , de mouvement et d'émotions. » Souffrez que je presse le pas : il faut » que je coure au devant de mon sort ; je )) n'ai plus la force de l'attendre.

» — Le sort viendra à ta rencontre , ré- )) pond le vieillard d'un ton railleur ; il lui » plaira peut-être de t'épargner la moitié

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