‹ Double règne (volume 2)Chapitre 154 sur 191 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

» de la route : le destin , parfois , est poli.

« — Où va me conduire cet homme?

)i murmure à voix basse Raymond. A la

» félicité? C^est impossible : je sens quUl me

)) hait. A la mort? Tant mieux : j^ai en

» aversion Pexistence. Tout but me sera

» bon, pourvu que j^ en finisse. Dieu soit

» loué ! voici un terme : je pourrai m^arrê-

)) ter, j'arrive. »

Et, suivant machinalement le vicomte de Béziers , il traversait sans les regarder les galeries du Val des Ombres. Point de battemens à son cœur , nul mouvement dans ses esprits. Il sWançait au hasard vers un événement quelconque , sans y attacher d'importance , sans rien espérer ni rien craindre. Des bruits étranges et confus retentissaient de côté et d'autre. Raymond, insouciant de tout ce qui s'agitait

autour de lui , n^eût pu écouter que sa pensée , et sa pensée était muette : c^était Faffreux silence de Famé.

(( — Je m^arrête ici , dit Roger.

)) — Ici ou là . répond le jeune homme : )) ainsi soit. QuVst-ce que cela me fait ! »

Sa parole était haute et brève.

(( — Marie , a répliqué le vieillard , est » à quelques pas sous ces voûtes. Je ne )) veux pas troubler par ma présence les » joies de votre réunion . Voici la chambre » qu^elle habite. On vous attend : allez, » je vous laisse. »

Le comte ouvre un œil étonné. Non , non , ce n^est point une erreur. Il se voit au milieu de Tallée souterraine où jadis , conduit par Hakem , il découvrit la prisonnière... Les mènïes lampes éclairent les

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