‹ Double règne (volume 2)Chapitre 172 sur 191 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

que image , n^a plus que ce vague regard de mort qui ne reconnaît plus ce qu'il fixe , et qui ne sait plus ce qu'il cherche. Aucun son complet et distinct ne retentit à son oreille. Oh! qu'il est terrifiant, le grand silence du tombeau qui tout à coup , au seuil de réternité, succède brusquement aux

dernières convulsions de la vie! î^ay-

mond n'a plus de voix, plus d'idées; et pourtant ses lèvres glacées articulaient encore O Mane!

11 tombe sur le lit des supplices ; il baigne ce lit de son sang. Marie étend la main à son tour. . . et un cri d^horreur lui échappe. L'infortunée n'a pu rien voir , mais sa main s'est sentie mouillée des chauds bouilJonnemens du meurtre. A peine pouvait-elle entendre, et pourtant elle a tout compris.

Une voix terrible s'élève.

Le châteiain du Val des Ombres est au chevet du lit de la jeune fille. Montfort , à quelques pas de lui, est étendu mourant sur le sol. Roger est seul debout maintenant. Trois victimes sont là gisantes; aucune d^elles ne remue. Parler ne leur est plus possible : peut-être encore écoutent-elles.

« — Marie ! sVst écrié le vieillard , le » sang qui coule à flots près de toi, c'est » le sang du comte Raymond. Ton époux » a tué ton père ; ton père a massacré ton )> époux. Ce double homicide est ton œu- » vre, et tu meurs au milieu des crimes. »

Le suaire noir qui enveloppait le visage de la mutilée s^est violemment agité, comme si une main de bourreau cherchait à étouffer sous ses plis les dernières palpitations d'une agonie humaine. La main de Raymond a glissé en frissonnant sur la lame nue

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