CHAPITRE XXII
drap funéraire, qui cache la victime à demi tombée au cercueil.
« — Raymond ! Raymond î murmure- » t-elle. n
D^autres mots vont suivre peut-être — Mais Roger s'est élancé vers le lit j il a posé sa large main sur la bouche de la jeune fille ; et ni soupirs , ni plaintes , ni sons , ne peuvent plus sVn échapper. Ses accens meurent étouffés.
Raymond a ouï , mais indistinctement , le douloureux appel de Marie; et Fagonie de la victime , là , sans doute aussi , crie : F^engeance! Oh ! qui peindrait sa frénésie : . . . Amaury de Montfort , de même , a reconnu la voix de sa fille ; elle attise encore sa fureur. Il se jette, armé de sa dague, au devant du oflaive ennemi. Le fer de Ravmond
a transpercé sa gorge et coupé le passage à sa respiration. Déjà le sang s'y porte et TétoufFe; mais son impétueux élan n'en a point été amorti : il a atteint Raymond de sa dague. Il visait au cœur du jeune homme... hélas! le coup a frappé juste.
Raymond fait quelques pas et chancelle.
La force et la vie sont au moment de Tabandonner à la fois. Une dernière pensée d'amour le pousse machinalement vers le lit de sa bien-aimée : c'est là qu'il veut rendre le dernier soupir. Sa voix murmurait....
Il est auprès de la couche funèbre. Sa main tremblante se promène au hasard et à tâtons sur la place où gît étendue la jeune
fille mutilée Mais sa main ne sent déjà
plus les objets qu'il touche. Son œil qui , horriblement ouvert , s'eflforce à saisir quel-