CHAPITRE XIV
en croira-t-il sa vue !... Soudain , au détour d'une allée , une figure inattendue se présente sur son passage. Elle attendait son arrivée , car son geste exprime la joie. Un rayon de lumière, traversant la feuillée touffue, éclairait sa physionomie ténébreuse; ses yeux , du fond de leur orbite , laneaient de fantasques lueurs ; elle s'appuyait contre un roc ; on eût dit le nain Oberon , le génie de la table ronde : c'était Hakem , le fils de l'Afrique.
*( — Tu guettais quelqu'un î est-ce moi ? » s'écrie le comte de Toulouse.
» — Oui , répond par signes l'esclave.
» — Qu'est devenue Marie? Où est-elle? »
L'Africain montre du doigt un des sen*tiers de I a foret ; et son geste a dit :
(( — Suivez-moi.
» — Elle ! . . . en ces bois I . . . se poiir- » rait-il ! »
Et le messager d^Enguerrand sVlance sur les pas de Fesclave.
Que de questions il lui adresse !... Hélas! Hakem ne peut répondre ; il se glisse , entre les chênes du bois , aussi agile que la biche ; il saute les ravins escarpés comme le chamois des montagnes. Raymond peut à peine le suivre.
L^ Africain est arrivé au pied d'un saint hermitage entouré de rochers et d^arbres. Il sonne à la porte d^entrée; une cloche se fait entendre, et un prêtre s'est présenté. Ce prêtre, c^était père Eutrope, le chapelain de Grand-Préau.