‹ Double règne (volume 2)Chapitre 43 sur 191 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Le comte descend de cheval. Son cœur avait en ce moment de ces battemens préci pités qui brisent la force, coupent la respiration, et voilent le regard. Que lui préparait là le destin ! allait-il retrouver Marie ! Pâle, embarrassé, chancelant, il s'avance au hasard vers Eutrope. Il pressentait un coup imprévu , mais sa faiblesse alors était telle , que, brave indépendamment de lui-même , il n'était plus capable de peur.

Il a tendu la main à Eutrope.

u — Vous ici ! mon révérend père ! »

Et sa voix était étouffée.

» — Entrez ! mon fils î entrez. ! dit le prêtre : vous trouverez là

» — Qui >

» — Marie.

Raymond s^attendait à ce mot ; et pourtant son front devient pourpre. Ah I bien que fille des Montfort, Marie s''oflPrait à son imagination comme une céleste planète, douée d'aune influence puissante sur sa destinée ; et qui, après avoir jeté sur lui quelques rayons heureux, s^était enfuie sous les vapeurs. Il croit entendre, à quelques pas de lui , le frôlement léger d^une robe de jeune fille ; il y avait de Famour dans ce bruit, il y en avait dans le souffle de Fair qui le portait à son oreille ; Raymond cherche, regarde, écoute ; et sa pensée s'élevant en secret vers le ciel, dépositaire de ses sermens de haine : puis, se reportant vers son père, ce père qu'il devait venger des héritiers de Simon: sa pensée, confuse et tremblante, leur disait ensemble h tous deux :

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