‹ Double règne (volume 2)Chapitre 63 sur 191 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

sard sous les vents et changeant de couleurs dans Forage ; mais , au XF siècle , il nVn était pas encore ainsi : le peuple croyait de bonne foi aux saintes lois de la vérité, de la justice et delà monarchie. Persuadées qu'une usurpation, qui est un bouleversement , ne saurait devenir un ordre, et qu''un flambeau d'insurrection n'est apte à éclairer que des ruines , les grandes provinces du royaume, notamment la Normandie , s'étaient armées contre Robert ; et Henri, vainqueur des rebelles, était remonté sur son trône.

Mais la révolte a ses maoies: elle eut constamment à son usage le mot fascinateur liberté ^ qui , exploité par les tyrans , traversa de tout temps les siècles en mystificateur éternel. Eudes , second fi^ère d'Henri . veut essayer aussi les désordres. Un traître a parfois des triomphes , et plus d'un fourbe

eut la couronne.

Le roi légitime avait non-seulement pardonné à Robert , chef des factieux , mais il avait oublié ses forfaits; et, ne le considérant plus que comme un membre de sa famille, il s'était plu à le combler de faveurs; il avait accru ses domaines. Eudes, voyant le perfide Robert plus riche et plus puissant que jamais , a pensé avec raison quMl y avait là encouragement à la félonie. Indépendance I liheHél s'est-il écrié à son tour. Et tous les ambitieux s'émeuvent, et tous les insensés applaudissent , et tous les bandits se soulèvent.

C'est de coutume immémoriale.

Eudes , armé de pied en cap , lève l'étendard des révoltes. Le parjure lui coûte peu, le crime ne lui coûte rien : il s'est organisé

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