‹ Double règne (volume 2)Chapitre 64 sur 191 · CHAPITRE XVÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVÏ

une armée , et marche veis la capitale. Il a harangué plusieurs provinces ; il leur a dit : Je suis un sauveur ; et, en attendant qu^il les sauve, il les a, en passant, pillées. Mais, au dire des doctes clercs , la hherté vaut bien qu'on Tacheté.

Eudes a de nombreuses cohortes. Il est si glorieux d'affranchir son pays , le fer et la flamme à la main , désordre et brigandage y aidant, qu'il y a toujours , parmi les truands^ presse à entamer la besogne et foule à recueillir le butin. Cela ne se fait jamais sans prodiges. Or, à l'appel du prince révolté , tous les gens de sac et de corde , illuminés je ne sais d'où , s'étaient sentis frappés d'héroïsme. Assaut d'enthousiasme chez eux : c'était comme une régé-

' Truands , gens de la lie du peuple.

nératioii de bas lieu ^ un miracle sortant des gouffres. Les crimes y étaient vertus ; l'infamie s'y nommait le droit; les mots , les hommes et les choses s'y brouillaient avec fracas , d'une manière si avantageuse à la désorganisation générale, que le chaos était complet. Or le chaos en politique , c'est le ciel de l'usurpation. Horreur! disaient tout bas les dupés ; sublime ! criaient les dupeurs.

C'est encore là l'usage éternel.

Le chef des troupes insurgées aimait la bombance et les belles. Il est des ladres au pouvoir, à qui l'argent et l'or suffisent ; celui-là voulait davantage.

Il traînait donc après lui , dans ses courses aventureuses , de quoi charmer ses

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