‹ Double règne (volume 2)Chapitre 66 sur 191 · CHAPITRE XVI. i:.l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. i:.l

L'astre de la lumière baissait à Thorizon; la matinée avait été d^une chalem* étouft'ante; Toiseau ne chantait plus sous la feuillée; et de lourdes vapeurs s^'amassaient à Toccident. La petite armée du prince Eudes sortait en ce moment d'un monastère de Bénédictins qu'elle avait entièrement ravagé. Une allégresse bruyante éclatait dans les rangs des nourrissons de Findépendance. Chefs et soldats se félicitaient du butin de la journée. L'orgie du soir se préparait.

— « Holà! truandaille du diable î il est « tard; faisons halte ici! )»

Celui qui s'exprimait en ces termes était Hugues , dit Maiii de bronze^ capitaine expérimenté , brigand vigoureux et féroce. Sa

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voix, habituellement redoutée , n^a pu parvenir , chose inaccoutumée , à dominer le tumulte qui Penvironnait. Les archers du prince étaient ivres. Chacun commandait au hasard. Plus de frein , nulle discipline : c^était pitié qu^un pareil camp.

Eudes aborde Main de bronze : c^était son guerrier favori. Hugues était un de ces hommes de sang et de forfaitures qui tiennent à honneur et gloire de nVxécuter hardiment que des ordres impitoyables ; c^était là , pour Tusurpation , un rare et précieux sujet. Il faut des monstres aux tyrans.

Le capït'dïne Main de bronze était le grand recruteur de T armée rebelle. Il avait une éloquence sauvage qui charmait les âmes

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