‹ Double règne (volume 2)Chapitre 7 sur 191 · CHAPITRE Xr · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xr

veilleuse résistance î Trois fois Montfort et sa milice , ont pris les faubourgs de la ville , ont escaladé ses remparts , ont incendié ses murailles; trois fois Pindomptable vicomte a triomphé des assiégans et refoulé leurs flots irrités *. Infatigable bûcheron dlîommes , il abat la forêt martiale élevée vivante devant lui, comme s"'il n^avait sous sa cognée qu^arbrisseaux et joncs à détruire. La mort le proclame son roi.

C'en est fait : Simon de Montfort a reconnu Fimpossibilité de vaincre ce géant des batailles ; il faut renoncer à la force, il essaiera la trahison.

Un parlementaire, envoyé au vicomte, lui oftre une paix glorieuse; et, pour con-

' Voy(;z les auleundéjà cités.

dure le traité, Simon l^appelle au camp des croisés.

Roger sort des murs de la ville. O infâme violation de toutes les lois de la guerre et de Phonneur { Le vicomte est fait prisonnier '.

Quels cris de rage à Carcassone ! . . . . Son talisman sauveur est brisé : le destin de Béziers l'attend : Tordre a été donné de nY rien laisser debout ni vivant. « — Mais y » a objecté un légat , la ville a quelques » justes peut-être, » — <( Qu'importe ! a ré- » pondu Citeaux : Tue2; tout! Dieu prendra )) les siens *. »

* Paul Perrin, Histoire des Albigeois, l. 1, c. 5, p. 35.

' Anquetil, Histoire de France, in-12, t. 2, p. 116.

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Carcassone est escaladée. 0 surprise !

plus d'habitans. Comment s^est opéré ce prodige? La ville était cernée de toutes parts, et nul individu ne pouvait en sortir : « VenfeTy s'est écrié Montfort , a en- » glouti les hérétiques , car Dieu n^a pic )> vouloir les sauver »

Plus tard on découvrit le mystère. Il existait sous le fort de Carcassone un souterrain de trois lieues de longueur. La population assiégée avait fui par Fissue secrète. La ville entière fut sauvée *.

Mais Roger était dans les fers. Trésors, provinces , liberté , Montfort a tout ravi au

' PaulPcrrin, Histoire des Albigeois. Genève, 1618, I. I, eh. 5, p. 34. — Chassagnon, Histoire des Albigeois, 1. 2. ch. 14, p. 121.

18 130UBLE RÈGNE.

vicomte : Montfort est comte de Béziers ^

Les heures , les jours , les semaines , les mois , et même les années s"'écoulent ; il n^est plus question de Pioger : on oublie vite sur la terre. Qu^était devenu le héros ? Hélas ! condamné à une détention perpétuelle , il habitait les noirs cachots de Carcassone ; et son peuple le croyait mort ^.

Avec quelle rapidité , ici-bas , Thomme recouvre les tombeaux ! . . . . Aussitôt un cercueil parti , on balaye en liàte, on ni-

toye Place au successeur ! il est là. Qu^on

se presse : vite , des joies I il y a consolations, héritage; allons ! après le deuil, des

' Paul Perrin, Histoire des Albigeois, c. 5, p. r>5, et les auteurs déjà cités.

* Paul Perrin, Histoire des Albigeois, 1. 1, cli. U^ p. 38.

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