‹ Double règne (volume 2)Chapitre 9 sur 191 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Bien des aimées s^étaient passées. Le captif, altier et muet, ne poussait jamais une plainte. Aatoine Vidar, un matin, entre effaré dans son cachot.

« — Roger ! ton ennemi est mort. Cinq » coups de flèches Font frappé '. Simon » est retourné à son Dieu. »

Roger n^a ni parlé ni souri.

Cependant sa longue captivité, ses souf-

de Leicester, épousa la sœur d'Henri III, roi d'Angleterre, puis il se souleva contre ce prince, le détrôna et le fît prisonnier. Mais bientôt après il périt victime: de son usurpation, et le souverain légitime remonta sur son trône. — Abrégé de l'Histoire d'Angleterre, par r.oldsmith, nouvelle édition, vol. 1, ch. 11, p. 75.

^ Noguiers en l'Histoire de Toulouse , 1. 5, c. 10. — Paul Perrin , Histoire des Albigeois , i. 2 , ch. 2 p. i 1 2, — Fleury , Histoire ecclésiastique , l. iO, p. ^465.

frances amères, et le poids des années avaient ridé son mâle visage. Sa barbe et ses cheveux étaient blancs. Le beau vicomte de Béziers n''était plus qu\in sombre vieillard.

Mais quelle patience héroïque ! Son désespoir sans abattement et sa rage sans explosion nWaient ni lâchetés ni bravades.

L^orgueilleux prisonnier eût rougi de s^ibaisser au gémissement. Donner à quelqu'un le droit d'avoir pitié de son état lui eût paru le comble de la dégradation. Ses dédains bravaient la douleur; son calme insultait au destin '►

' Voy. l'ouvrage remarquable de M. Fri;déric Soulfé^ intitulé : te vicomte de Béziers. Le grand caractère de Roger y est tracé de main de maîlre, et l'on y retrouve toute la vérité de l'histoire jointe à toute l'énerîîiô du talent.

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