Double règne
« Ce n'est qu'au bout de sa car- » rièie et au bord du tombeau que >j l'homme, au tribunal de ses frères, » doit être absous ou condamné. La
» terre est presque toujours juste, « alors que, pour l'éternité, le Ciel va » l'être plus encore. »
Tom. H, di. 4 7.)
A QUATRE lieues de Soissons, en Picardie,
Tceil du voyageur , au treizième siècle ,
s^arrêtait avec admiration sur le château
de Coucy que venait de bâtir et d'achever 1. t
comme par enchantement , le plus illustre et le plus puissant des chevaliers français de Tépoque ' Enguerrand III , surnommé le Grand ^.
La Cité du fier suzerain , construite au milieu d'une vallée magnifique et sur le penchant d'une montagne , était entièrement environnée de murailles flanquées de fortes tours. Ses portes étaient basses et sombres; ses abords rudes et sauvages : chaque entrée était formidable.
Mais bien que Paspect de la ville fût imposant et curieux, les regards de Tobservateur ne la contemplaient qu'un instant; ils se fixaient en toute hâte sur le gigan-
' Souvenirs de Coucy , avec dessins, texte, par M. de Lépinois, in-fol.., 4834.
^ L'historien de la maison de Coucy , François Lallutiett^ , le nomme Enguerrand II; mais dans toutes les histoires du temps on l'appelle Enguerrand 111.