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CHAPITRE IX

en ce momenl les cours du manoir. Des torches de poix flamboyaient autour de lui. Sa présence impose à la foule; et toute querelle a cessé.

<( — C'est un grand prince : celui-là ! » dit un maître queux du castel.

» — Moins que le nôtre , camarade !

» répond avec aigreur un varlet. Roi vaut )) mieux que duc , je suppose.

)» — Vrai duc est préférable à faux roi.

)) — Fi : Judas ! tu trahis ton maître.

» — Et lui ! n'est-il pas traître au sien ! » Chose certaine , c'est que je ne cliange- » rais pas aujourd'hui mon cuir contre sa » peau. On dit qu'il va se faire hérétique.

» — C'est calomnie du frère Ambroise.

L'as-tu vu ce frocard à dague?

» a-t-il suffisance d^embonpoint pour un » moine à macérations , à jeunes et à péni- » tences ! Teint fleuri, frais, et rubicond; il )) ne pàtit point à la dure.

» — Oh ! c^est que lorsqu^on se mor- )> tifie pour Tamour du ciel , Dieu ne veut .') point qu^il y paraisse.

)) — Mais saint Dominique était maigre.

» — C'est vrai. Son corps, étroit et

» sec , semblait fait exprès pour fendre

» Tair, comme un couteau de laitière pour

)) trancher du beurre : mais , par la tour

)t de Sainte - Barbe ! cela ne Fempêchait

)> pas, tout froid et sépulcral qu'il était,

1) de brûler les vivans et de ressusciter les

» morts. Je Fai vu opérer à Toulouse. En

)» ce temps -là j'étais routier. Dominique

)) a levé trois grands doigts , poussé cinc]

H petits cris latins , ouvert deux prodi-

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