‹ Double règneChapitre 105 sur 137 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

» faut se trimbiiîler ailleurs : ajourne la >» soif à demain.

)» — Au diable le départ ! mon gars. Ici, )» liesses et gaillardises , tintamarres et pil- » leries , tout marchait bellement en train.

» — Tiens-toi donc mieux sur tes deux » quilles : luxurieux traine-rapière î sinon » tu ne tarderas pas à baiser rudement sur » la face, notre commune grand'maman.

» — Tais-loi , prédestiné de potence I » si je touche quelque figure, prends garde » que ce ne soit la tienne; jVi le poing » large et Fée aille dure.

}» — Ho hé : crie un archer de la Loire. » A cheval les cens de Bretagne ! le duc )> est là.

i> — Qu^est-ce que ça me fait ! répond » un sommelier bourguignon. Il n'est pas

)) mon chef, grâce au ciel. Dijon crève- )) rait de soif à Nantes. Il nVst pas jusques » aux chiens eux-mêmes, qui, venus des )» bords de la Saône , n^aboient après les » ^^gnes bretonnes '.

» — Ouais! entonnoir de futailles ! tu )• mériterais que je te rafraîchisse le gosier » avec le froid acier de ma flèche. Ap- » proche , biberon ! une lutte. Je puis » souffrir les horions d'un combattant , » mais non les quolibets d'un braillard. » Ne fais pas le sourd ! broc à vin. Preste ! )) as-tu un glaive? dégaine! »

Le duc de Bretagne , précédé d'un détachement d'archers de nuit avec hoquetons mi-partie blancs et noirs , traversait

' Tristan le Voyageur. Marchangy, t. 4 , p. 159.

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