CHAPITRE IX
» — Et pris leurs bourses , larronneur !
» — J''en avais le droit ' .
» — Quelle honte I s'être enrichi aux » pendaisons!...
)) — Tu raisonnes I à moi la hart ! »
Mais un clairon s'est fait entendre ; le son part de la grosse tour, et c'est un appel d'Enguerrand. Valets , archers , veneurs , estafiers , chacun s'est élancé à son poste ; plus de querelles , on se disperse. Coucy , en habit de voyage , descend l'escalier du manoir.
A la porte du dernier fort , et à l'extérieur , un détachement peu nombreux ,
■ Monleil, Hiatoirc des Français au XfV siècle , t. i, p. 6i.
composé de braves d'élite , attendait l'illustre Enguerrand.
Les grands vassaux du royaume , leurs chevaliers et leur cortège , ayant quitté le nouveau roi , défilaient successivement et en bon ordre, par les diverses issues du castel. Les cavaliers du chef suprême de la ligue les regardaient passer devant eux avec une sombre inquiétude ; leurs jugemens étaient sévères.
« — Vois-tu celui-ci, camarade? Mal- » heur à qui se fie à lui ! il me fait l'eifet » d'une pensée du diable , muchée sous la » carcasse d'un homme.
» — Et celui-là?
» — Probité sèche! il ne vole ni ne