‹ Double règneChapitre 113 sur 137 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

profondeurs de son être. « // faut ouvrir » ton ame à Coucy. » Tel était le secret conseil que lui adressait une voix intérieure : mais que va répondre Enguerrand? il se rira peut-être de lui. Ira-t-il pour une aventure d'amour retarder sa course de gloire? et lui , chevalier valeureux , ira-t-il pour une jeune fille inconnue , manquer à sa mission de brave? Effroyable perplexité !

L'astre des nuits , élevé sur l'horizon , laissait tomber ses lueurs molles et tremblantes sur les murailles dentelées du manoir. La nature, douce et paisible comme l'ame d'un enfant au berceau, reposait dans sa pureté suave et mélancolique. Un archer aborde Raymond.

•< — Seigneur I à la clarté de la lune , à

» vos pieds, là, sur la bruyère — j^u » trouvé un fer à cheval pendu à un caillou )> percé : c'*est évidemment maléfice ' . Rude » aventure vous menace : croyez-moi, pre- » nous autre route. »

Et riiomme d'armes , eftVayé , indiquait un sentier à gauche : le sire Enguerrand Ta choisi : ce n'était plus celui du moulin.

C'en est fait , le comte de Toulouse est sorti de son morne abattement ; sa détermination est prise. Il rejoint son illustre chef; et, trop violemment agité pour astreindre sa pensée à des circuits préparatoires , il se jette brusquement au cœur de

' Traité des superstitions , Thiers. — Marcliangy . Gaule poétique. — Moutcil, Mœurs du XrV" siècle.

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