CHAPITRE IX
)» — Ses belles vont le mijoter; elles par- » fumeront ses blessures.
» — Et Satan chauflera son lit. »
Coucy , la visière levée , s'avance armé de pied en cap. Son œil vif parcourait Tespace ; mais à Torbe noir et fotiguc qui renfermait comme en un cercle , il était facile à Tobservateur de comprendre à quel prix de souffi-ance cet homme au-dessus de ses semblables achetait sa supériorité. Ses membres athlétiques se mouvaient à l'aise dans son armure de fer battu, comme en des vètemens de soie. Etre d'élite , il domptait les fatigues du corps comme il dominait les émotions de Famé. Au-dessus des enivremens de la louange comme des amertumes de la satire, il marchait droit au but qu'il s'était tracé, éprouvant le même dédain pour la flalterie
des gTands que pour Taboiement des petits. Rien n'arrêtait son mâle génie.
Quelques chevaliers Tentouraient. Il les a congédiés à la porte où Tattendaient ses archers. Raymond, pâle et silencieux, Pavait suivi , mais à Técart : que de tourmens déchirent son ame ! Marie Tattend à peu
de distance Et le malheureux Taban-
donne I
Enguerrand , appelant le comte , a mis son cheval au galop. Fort peu de gardes raccompagnent. Ils franchissent rapidement un cercle de collines verdoyantes et pittoresques. Les aulnes du bord de Teau qui ombrageaient le moulin de Coucy s^offraient de loin aux yeux de Raymond : ses battemens de cœur redoublaient. L'air lui paraissait de flamme , et pourtant un fioid glacial le saisissait dans toutes les