‹ Double règneChapitre 124 sur 137 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

» — Un chevalier le devançait ; un es- » clave maure le suit ; et, sur un palefroi , » près de lui, j^ii cru voir une jeune fille.

» — Une jeune fille! — répèle la com- » tesse en fronçant le sourcil. Oh ! je sais » bien qu'il ne faut pas regarder trop en » détail la vie des grands hommes de » guerre. . . . mais cependant .... jusque » chez moi.... N^importe! qu'on baisse les » ponts. »

La châtelaine s'est levée; elle veut aller elle-même à la rencontre d'En guerrand. La curiosité , qui habituellement n'entrait pas dans les directions de sa pensée, s'en est emparée cette fois. L'arrivée inattendue de son illustre parent , les bruits répandus sur la ligne, le Maure et la belle inconnue, tout cela l'intrigue et la trouble. Yoland, dévouée au parti de la régente et de Louis IX, avait

ouï parler vaguement de rébellions et de trames. On lui avait cité, comme chef , le sire Enguerrand de Coucy.... mais il vient, et de son plein gré , au castel de la fidélité monarchique : oh ! c'est de favorable augure. Les rumeurs publiques sont fausses : de nobles sentimens Taniment. îl fut trop long-temps un héros pour pouvoir jamais être un traître.

Coucy est au perron du manoir , la comtesse Fa pressé dans ses bras. Il lui présente son frère d'armes :

« — Le comte Raymond de Toulouse. »

Yoland salue froidement. Le fils d'un prisonnier au Louvre, d'un suzerain frappé d'anathême, ne peut être qu'un ennemi de la régente. Comment le sire de Coucy a-t-il

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