CHAPITRE X
« — Messiic Enguerrand ! lui dit-elle ,
)) il s'ourdit d'infâmes complots. On vou-
» drait détrôner Louis IX. Croyez-vous aux
)• bruits répandus ?
» — A quelques-uns , oui, noble dame.
» — La ligue , m'a-t-on assuré , veut » changer le sceptre de mains ; elle ignore )' donc , Tinsensée , qu'un roi ne se fait » point en France : il est tout créé par » les temps; et sa région est Timmuable. » Etre idéal bien que positif, il se compose » de siècles et de traditions ; il a son origine » dans les décrets du passé , son existence » dans les habitudes du pays , sa perpétuité » dans les bienfaits de la monarchie. Qui » Tabat renverse TÉtat. L'usurpation n'est » pas plus la royauté que le feu de la tem- » pête n'est la lumière du jour. L'un est « éclair, l'autre est soleil.
» — Le peuple, réplique Enguerrand, )• rêve de nouvelles franchises ; il perd de » jour en jour ses croyances. La civilisation )) actuelle , rabot qui polit mais efiàce , )» flambeau qui reluit mais dévore, mur- » mure à tous les rangs : Liherté!
» — Seigneur ! dit le chapelain du ma- » noir , la civilisation qui grandit et mar- )) che autour de nous, pour tout souiller » et tout flétrir, sera le chancre impur qui )) dévorera , tôt ou tard , Thumanité à son )) déclin , et la jettera comme une pourri- » ture infecte, hors de tout noble sentiment, )) de toute inspiration élevée, de toute énergi- » que existence. La société alors, triste et ob- » stiné moribond , croira en râlant qu^elle » chante , et en se tuant quVUe se régénère. )) Dieu veuille que le vent de Féternité ne )» tarde pas à souffler sur ce monde absurde »> et vaniteux qui , à force de toml^er et de