‹ Double règneChapitre 127 sur 137 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

)' se relever , commence à rester , de lemps )» à autre, étendu lâchement sur le flanc , la » voix éteinte et le cœur mort !

)) — Déjii , continue Yoland , le trône ») affranchit les communes ' : le castel vend » ses privilèges ^ : les rois tombent, les » peuples montent. Où marche le globe?

» Au chaos.

» — Il retourne au point du départ , pour- » suit r aumônier, père Eutrope. La créa- » tion , sans culte et sans foi , se détache » brin à brin des mains du créateur, comme, )> aux pieds du religieux , tombe un chapelet » grain à grain, lorsque agraff'e et nœuds » sont rompus.

' Règne de Louis- le-Gros.

- Pour aller guerroyer en Palestine : c'était la pas sien de l'époque.

)> — On trompe le peuple , Enguerrand, » reprend la comtesse avec feu; on Texcite » à se soulever contre le fils de France ; et )) qui remplacera Louis IX ? Aucune ame » loyale ne voudra d'une puissance illégi- » time. Honte à qui déchoit pour monter ! . . . )) Justice , honneur , devoir , loyauté , lors- » que ces mots ne parlent plus au cœur » pour s\^ faire obéir , ils y retentissent )• pour torturer. Le crime a sa bride in- )) visible: il la brave, mais il la sent. »

Le sire de Coucy , à cette sortie véhémente , a tourné fi-oidement ses regards vers le comte de Toulouse. Aucune émotion ne s'était peinte sur son visage ; on eût dit qu'indifférent à la question traitée , il ne l'avait ni écoutée ni comprise. Mais Raymond ;» prêté l'oreille ; il répond à la châtelaine :

» — Nous ne sommes plus un temps ,

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)• noble dame ! où Thomme vulgaire , en ce » monde , n*'ayant ni mission ni congé , )• arrivait, passait et s'en allait, sans dire : Je )) suis quelque chose , et sans y réfléchir sur '• ses droits. Les nations ont levé la tête et » se décident à penser. Si la royauté tient à » vivre, il faut désormais quVlle soit une » puissance protectrice et non une parade M pompeuse ; il ne faut plus qu^elle ait le » droit d'habituer ses yeux à voir des cou- » pables, partout où il lui plaît d'en trouver, » Un trône aujourd'hui veut un homme ; » une femme y est mal assise , un enfant ne » peut s'y placer. Le diadème, chose lourde, M pèse au front même du génie : couronnez » donc jupe et lisières !

M — Chevalier 1 réplique Yoland, je m'ex- » plique votre pensée. A Forgueil de certains )) esprits il ne faut point sous la pourpre un )» monarque indépendant que le droit y main-

)> tienne , mais une créature servile que les )) ambitions y exploitent. L'*usurpation , )> toujours chancelante, a besoin démettre » de côté toute fierté généreuse; elle doit » avoir constamment de Por à sa disposition » pour acheter les consciences , des crimes » pour complaire à la déloyauté , des bas- » sesses pour conjurer les orages. Un tel » gouvernement , en effet , doit plaire aux » hommes du désordre ; et ces hommes sont » en grand nombre. Vous prêchez la loi » du plus fort : suzerain de TOccitanie ! M applaudissez donc , en ce cas , d'après )» vos principes eux-mêmes , au couronne- )) ment , à Toulouse , du comte Amaury de )) Montfort ! »

Raymond , mordant sa lèvre , a pàh.

(( — En vain la fortune , un instant, pour-

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