‹ Double règneChapitre 25 sur 137 · CHAPITRE II. :û · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. :û

étoiles commençaient à scintiller au firmament: était-ce une d^entre elles dont les rayons pâles et tremhlans, jouant sous Tombrage des arbres, avait créé tout à coup, par je ne sais quel magique pouvoir, cette apparition vaporeuse . D'^abord, de peur de la troubler, Raymond retient jusqnVi son haleine ; puis, s'unissant déjà de cœur et dVsprit à cette envoyée merveilleuse que, par son élan vers la foi, il se figure avoir méritée et croit presque avoir attendue, Raymond lui tend les bras et l'appelle.

Mais qu'est-il de plus fugitif qu'un enchantement aux beaux jours ! C'est la brise dont meurt le souffle : c'est le parfum qui s'évapore. La vision s'est évanouie.

« — Comte Raymond! diii une \'oi\. »

Le pèlerin, retiré de sa rêverie par ces deux njol> innUendu^, revient brus<juenR'iil

à lui-même. Il voit Roger en face de lui.

» — Co?nte Rai/tnond ! Tépete-t-i\. Fqut- » quoi ce titre! A quel propos?

» — Nous sommes seuls ; répond le » châtelain. Je ne vous trahis à personne.

)) — Brisons là , messire Roger. Mes se- » crels, si vraiment j''en cache, n'appar- » tiennent ici qu\^ moi. Vieillard ! je res- » pecte les vôtres.

)) — Mais quand la feinte est inutile —

)) — Je n''ouvre point mon cœur au ha- » sard.

» — Jeune homme ! écoutez-moi froi- » dément. Quelque rigoureuse qu''ait pu » déjà se montrer la fortune à votre égard, » j'ai sur vous Tincontestable supériorité )) du malheur : j''en ai reçu le terrible et so- y )) lennel baptême aux rives où vous prîtes

Page 1