‹ Double règneChapitre 27 sur 137 · CHAPITRE Tl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Tl

)) — Au comte Raymond de Toulouse :

» au petit fils de Raymond l'excommunié, )) au fils de Raymond le proscrit , à leur » héritier s'il a un glaive, à leur vengeur » s'il a une ame.

)» — Glaive et ame, il les a, Messire : s'est » écrié le pèlerin, l'œil étincelant, le front » haut. Loin de moi tout vain subterfuge I » Qui que vous soyez, , homme étrange! on » vous parlera sans détour. Oui , je suis » Raymond de Toulouse, le dernier rejeton » de la plus infortunée des familles. J'ai à )) remplir une mission de sang et de haine : » je le sais, j'en aurai la force. Je suis ici à » ce dessein. Ah I pour atteindre et frapper » les persécuteurs de mes pères, je saurai » joindre, s'il le faut, à un bras d'homme un » cœur de tigre. Je ne m'en cacherai pas » davantage, toutes les humiliations de ma » race bouillonnent à la fois dans mes veines :

» il leur faut passage, irruption. Je suis né

» sous les anathêmes, je grandirai dans les

)) vengeances.

» — Ta main ! noble jeune homme ! ta

)) main ! réplique avec enthousiasme le sei-

» gneur de la maison forte. Aigle puissant,

); lance la foudre ! »

Raymond a saisi la main que lui tendait le vieillard, mais il a frémi de Tétreinte, il s^est senti brûlé du contact. Son imagination égarée s'est-elle créé ce prestige ? Bien que le châtelain inconnu s'ofire à lui en chef protecteur, Fantipathie avec laquelle il accueille ses avances bienveillantes est comme un instinct qui lui crie : « vous serez ennemis implacables. » Sa main , sous les doigts de Roger, s^est crue pressée par un fer rouge.

)• — Raymond I suis-moi , » reprend le vieillard.

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