CHAPITRE III
Trois lampes à huile odorante étaient suspendues au plafond de Tappartement par des cordes et des poulies, à la façon des réverbères du temps moderne : Tafricain les a allumées. Une énorme cheminée, pleine de fagots et de bois, s^éclaire d^un feunétillant. La chambre dlionneur était vaste et assez richement décorée ; un lit s'y faisait remarquer par sa largeur de quinze pieds et le luxe de ses tentures ; de grandes armoires , sculptées en fenêtres d^église , y prenaient place dans les angles; plusieurs petits miroirs de métal sV offraient de droite et de gauche. Quatre piliers en pierres peintes, qui soutenaient les deux grosses poutres de la salle , étaient inscrutés de fleurs en étain avec des filets argentés' ; et, comme en un
• Montoil, Mœurs des Français au XIV siècle , I. 1 , p. 100 et 105. — Antiquités de Paris , Sauvai, 1. 7. 1. 7
funèbre oratoire, s^élevait , vis-à-vis la clieminée , un immense crucifix noir.
Le comte de Toulouse a jeté autour de lui un coup d^œil rapide; et, sans pouvoir s'en rendre raison, il s'est senti glacé jusque dans la moelle des os. ftlille sombres pressentimens se succèdent dans sa pensée. Des frissons parcourent ses membres. Il lui semble qu'il son oreille, une voix murmure tout bas : chambre d'enfer^ lieu de tortures. Raymond se croit-il en danger? Non. Le présent n'a rien qui TefFraie; mais là, sous cette croix gigantesque , il voit l'avenir plein d'horreurs ; là , cette enceinte redoutable, au loin, se montre à sa pensée comme un théâtre de supplices, un antre de mort et de crimes. Ses murailles ont des menaces : il se heure v lire ces nK)ts : chambre d'enfer^ lieu de tortures.