‹ Double règneChapitre 73 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

d'étrange , dMmprévu , d'inconcevable , on re\Tient vite aux promesses de Fàge heureux, à Tespérance des beaux jours : le visage de la jeune fille , à Taspect du chevalier, perd sa pâleur et se ranime ; néanmoins sa splendeur est en quelque sorte vaporeuse, sa vivacité est pensive. L'attente d'un vague bonheur, éclaircissant son front virginal , y jette un éclat enfantin ; et , dans la grâce troublée de son maintien , si la joie est encore cachée , un rayon du moins perce l'ombre.

L'esclave noir a fait un geste.

« — Ah ! dit l'inconnue effrayée , quel- » qu'un peut venir, l'heure presse. Qui » que vous soyez ! sauvez-moi. »

Elle joint ses mains suppliantes. Le

guerrier dont elle implore le secours a jugé rapidement que dans la destinée de cette jeune fille il devait y avoir d'horribles mystères. Ce souterrain est une prison, cette captive une victime ; le crime et la vengeance l'entourent. Le comte de Toulouse a frémi. Seul, que pourrait-il entreprendre! que faire? où aller? qui est-elle?... Ah! point d'inutiles questions. Dans l'intimité des souffrances , et dans l'angoisse des périls , il faut se comprendre à la hâte , il faut s"'entendre à demi-mot.

« — • Disposez de moi ! s'écrie-t-il ; j'ai » un bras , une épée , un cœur : ils sont » libres : tout est à vous. »

Ces mots, prononcés avec un entraînement passionné, ont fait rougir la jeune fille. La modestie, la crainte ef la joie

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