‹ Double règneChapitre 94 sur 137 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

)> compte sur les exploits de Boulogne pour 1) ceindre le manteau des rois de France, »> il arrivera au Louvre peu vite. Le frère » du défunt Louis VIII n'est pas expéditif » en triomphes. Il lui faudrait au champ n d'honneur , pour pouvoir gagner des ba- '• tailles, non-seulement un Josué arrêtant » le soleil , mais un Moïse étendant les » bras : et encore ce Moïse et ce Josué, ') avant que la victoire ne vienne, pour- )• raient bien crever à la peine. »

Le sire de Coucj, entouré des grands vassaux de la couronne , sortait de l'enceinte royale. Il aperçoit Raymond de Toulouse. Sa voix l'appelle :

« — Suivez-nous ! u

Et, peu d'instans après ce mot, la galerie était déserte.

EiscuERRAND DE CoucY , le comtc dc Boulogne , le duc de Bretagne , le comte de Toulouse, Hugues de Lusignan , le duc de Bourgogne, le cotnle de Chatnpagne , Su-

vary de Maiiléon , les comtes de Dreux , de Saint-Pol , de Nevers , et autres suzerains , se sont réunis, au fond du castel, dans un salon écarté , loin du tumulte et de la foule. La conférence est importante , elle doit être tenue secrète.

» — Messeigneurs ! a dit Enguerrand ,

» vous Texigez , je suis à vous ; mais souf-

)) frez que , une fois encore , je vous

» parle en toute franchise. La révolte, son-

» gez-y bien , est parmi nous un droit ou

}) un crime. Si elle est un droit, il nVsl

)) plus d'autorité stable avec elle ; si elle est

» un crime, avec elle il n'est plus dejus-

)) tice possible. Proclamée comme droit ,

» elle appelle les bouleversemens , et c'est

)> le chaos qui triomphe ; considérée comme

)' crime , elle s'établit par la force , et c'est

)> la tyrannie qui gouverne : or , dans l'une

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