CHAPITRE VIII
grands vassaux réunis , Coucy les convie au banquet.
Que de pompe ! quelle splendeur ! De longues tables avaient été dressées à la HIe sous une galerie à perte de vue, dont les murailles étaient revêtues de tapisseries eu soie ; ces tables étaient surmontées de dais en drap d'or avec armoiries et crépines. On y montait par des gradins couverts d'*étoffes de velours '. De distance en distance , étaient placés , ici des dressoirs à vin chargés de flacons d'argent et d'aiguières d'or avec incrustations de pierreries, là des dressoirs à vaisselle ou resplendissait, entourée de cristaux, une orfèvrerie de monarque. Un nombre immense d'officiers de salle et de bouche, vêtus de
' Monteil, Mœurs du moyen âge ,\. 2. p. 157.
soie aux couleurs de leurs fonctions , garnissaient le tour de Penceinte. Des drapeaux pavoisaient la voûte; des trophées s^éle- Vaient aux angles; et du milieu de ces faisceaux d^armes , à chaque service nouveau , partaient de brillantes fanfares. On eût pu se croire aux solennités fabuleuses des premiers siècles , chez Tenchanteur des douze preux , sous le règne de Charlemasfiie.
Au dehors , sous des voûtes de feuillage, les chevaliers , écuyers, pages et veneurs, qui avaient escorté les grands dignitaires du royaume , avaient aussi chacun leur festin ; et , sur toutes ces tables diverses , servies par des gens d'armes à cheval , même orfèvrerie , mêmes vins que là où présidait Enguerrand.
Les chefs de ia ligue ont pris place au