‹ Double règneChapitre 100 sur 137 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

banquet royal ; et , aussitôt , des estafiers et maîtres d^hôlel ont été , hors de l'enceinte du castel , jeter au peuple d'alentour une profusion de pièces de monnaie en criant : Largesses ! largesses!

Robert de Brienne s'était assis auprès du comte de Toulouse ; les mets exquis et les vins fins ont accru sa gaîté piquante.

« — Par Saint-Pierre et sa grande nappe !

» dit le paladin satirique, voilà un admi-

» rable banquet. Un roi généreux et splen-

)» dide aura parmi nous bonne chance. Il

» faut que, parmi ses sujets, il ne tende

)• jamais la main que pour donner des

') poignées d'or : ou , sans quoi « fi ! à ba^t

» la patte ! ))

)• — Plus bas : a répliqué Raymond.

)» Regarde ! on t'écoute.

)) — Tant mieux. Rien ne m'empêchera » de parler. On assure que le volume du » cerveau croît et décroit avec la lune * ; » or , la lune est au plein , moi aussi : notre )> disque est au grand complet : partant, je » suis gros de pensées. Sais-tu , mon beau » sire , qu'il fut un temps où lorsqu'un » convive avait manqué à ses sermens, on » coupait devant lui la nappe ^ ? Oh ! cher » vassal du roi des Français! si l'on en re- )) venait à cet usage , que d'entailles à faire )) ici I que de trous ! et quel tas de loques !

» — Paix donc , impertinent ! dit Ray- » mond.

» — Non , mort-Dieu ! réplique Robert ;

" Monteil , Histoire des Français au XIV siècle, t. i, p. 289.

^ Monteil , t. 4, p. 303.

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