‹ Douze conférences d'hygiène, rédigées conformément au plan d'études du 12 août 1890Chapitre 18 sur 22 · BAINS · texte numérisé non relu

BAINS

il (les causos d'épuisement. Aussi a-(-(iii imaginé, pour mettre le corps à même de réagir contre l'état (i'(''puiscment amcm'' par le liain de vapeur, de faire suivre l'application chaude d'une doudie froide ou d'un bain froid. C'est cette prali(iue à laquelle on a donné le nom de bain russe.

Les étttves sèches sont des salles dont la température est à un degré plus ou moins élevé, et qui putètre poussée jusqu'à 100". Ces étuves provoquent la transpiration, activent le pouls, échauffent la peau, mais n'agissent pas sensiblement sur la respiration. Ce procédé de balnéation employé négligemment n'est pas exempt de danger.

L'étuve sèche occasionne chez les personnes nerveuses une grande surexcitation. Elle peut, en produisant une certaine excitation cérébrale, provoquer des vertiges ou une syncope.

Comme pour l'étuve humide, il est utile de soumettre le corps, au sortir de l'étuve sèche, à une application froide, et c'est là la base des bains turcs et des bains martres.

Hydrothérapie. — Douches, ablutions, etc. — L'hydrothérapie et ses diverses pratiques sont regardées comme des agents hygiéniques de premier ordre, et adoptées de plus en plus par tous ceux qui ont souci de leur hygiène et de leur santé. C'est que ces pratiques sont faciles et rapidement faites. Elles n'ont pas les inconvénients des divers systèmes de balnéation, de fatiguer quelquefois et de perdre un temps assez long. Administrée sous forme de douche, d'ablution, d'immersion, l'eau froide, pourvu que son application soit de courte durée, donne de la tonicité et de la souplesse aux muscles, et active les diverses fonctions de l'économie.

En été, l'eau froide est d'un précieux secours pour corriger les mauvais effets de la trop grande chaleur; en hiver,elle maintient la chaleur propre en équilibre, en activant les combustions intérieures. Un des grands avantages, en outre, des applications froides quotidiennes, c'est d'habituer le corps à supporter les brusques variations de température.

DIXIKML œ.NFERENCE.

La maison salubre, la maison insalubre.

l'oiir ce qui regartie les habitations', rh\<iiènp a pour but de les édifier de faron à faire échapper l'homme, le plus possible, aux accidents nuisibles, désagréables, des oscillations incessantes que suDissent les propriétés physiques de l'atmosphère... L'idéal de l'habitation serait, évidemment, une création qui soustrairait l'individu, la famille ou les groupes à l'action de ces propriétés, dans une mesure convenable et rien que dans cette mesure, en même temps (ju'elle permettrait aux intéressés de jouir de l'intégrité parfaite des propriétés chimiques et biologiques de l'air. Toute l'hygiène de l'habitation est là : trouver les moyens de satisfaire à cette double exigence, ce sera résoudre le problème. (D'Arnould.)

Une habitation salubre, c'est-à-dire saine, qui contribue à maintenir la santé de ceux qui l'occupent, doit donc avant tout assurer par ses dispositions l'intégrité de l'air qu'on y respire; il n'y doit arriver que de l'air ayant les qualités de l'atmosphère ambiante et toute cause de souillure doit en être immédiatement enlevée, quels que soient les causes et les auteurs de ces

1. Les principales données de celte conférence sont emprunléos à une conférence faite par M. le b' A.-J. Martin au congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, en 1886, à Nancy, sur 'assainissement de l'iiabitation.

souillures. Ainsi que M. Emile Trélat le dit si justement dans son cours du Conservatoire des arts et métiers, l'hygiéniste conuait los milieux et les régimes, le constructeur connaît les milieux et, faisiint à la fois œuvre d'hygiéniste, il doit les approjirier à la santé. Or, les cinq facteurs naturels de la santé sont : l'atmosphère, le calorique, la lumière, le sol, les eaux. Il faut connaître les exigences de la sauté relativement à ces cinq facteurs. Le constructeur doit savoir renouveler l'atmosphère abritée eu aérant les intérieurs, restituer aux matériaux de l'habitation le calorique dispersé pendant la saison froide, expulser le calori(|ue accumulé dans les matériaux de Thabitation pendant la saison chaude, donner accès à la lumière dans les intérieurs abrités, établir et entretenir la salubrité du sol sous-jacent et environnant, aménager l'approvisionnement des eaux et l'ablation des déjections gazeuses, li(iuides et solides.

A quoi servirait d'éleverune liabitation d'une belle ordonnance, il'un cachet artistique qui plaise à l'œil, d'en rendre même les dispositions intérieures commodes et agréables, si l'on n'y a pas ménagé une abondante aération naturelle, un éclairage adapté aux fonctions normales de nos yeux, une évacuation immédiate et complète de toutes les matières usées, un chauffage et une ventilation qui ne puissent diminuer en aucune manière les qualités respiratoires de l'atmosphère?

VoiwV aéra lion des maisons et des appartements, il va de soi que l'on doit s'efforcer d'y introduire le plus possible et incessamment l'air extérieur, celui-ci devant toujours être, dans quelque situation que l'on se trouve, plus sain que l'air intérieur plus ou moins confiné. Quant à l'évacuation de l'air, elle se fait par les cheminée3 et par les nombreux orifices que présentent nos pièces ; elle se pratique par des ouvertures spéciales dans les locaux collectifs. Or, dans chaque pièce habitée, la partie par laquelle nous sommes le plus en rapport avec l'atmosphère ambiante, c'est la fenêtre; les vitres qui la ferment amènent à profusion la lumière, condition indispensable de la salubrité ; mais l'imperméabilité des vitres fait qu'elles arrêtent l'introduction de l'air.

Aussi, dans toutes les circonstances où l'on a besoin d'amener de l'air dans les locaux habités, sans que cet air puisse être gênant pour les personnes, a-t-on cherché des moyens de toutes sortes pour obvier à cette imperméabilité. De là, le placement de vasistas à la partie supérieure des fenêtres ; de là, cette innombrable variété de modèles de persienups mobiles, à lames de verre, à valves de mica, avec opercules et clapets. En Angleterre, où l'on s'est beaucoup occupé de cette question depuis un certain nombre d'années, on a imaginé à l'infini toutes sortes de procédés; mais on n'a pas tardé à remarquer qu'ils déterminaient des courants d'air plus ou moins violents, qui venaient frapper la tête des personnes occupant les pièces ainsi aérées.

C'est alors qu'on imagina d'installer sur plusieurs points de la partie supérieure des murailles dans les appartements, tout près du plafond, des soupapes, ou mieux des briques de ventilation percées de plusieurs conduits ayant une direction conique de dehors en dedans. Qu'arrive-t-il, en effet, avec des briques ainsi disposées? Si l'on veut introduire de l'air dans un conduit cylindrique, il se produit un courant rectiligne qui vient frapper directement les objets placés devant lui; tandis que si, par un conduit conique, ayant même orifice extérieur mais l'orifice intérieur largement évasé, on lance la même quantité d'air, celui-ci se disperse dans tous les sens dès qu'il est sorti de la gaine dont la disposition conique a favorisé son épanouissement.

Enfin, ces briques et ces soupapes ont de sérieux inconvénients : on ne peut les multiplier beaucoup dans les appartements; il n'est pas facile de les laver et elles retiennent, à l'intérieur des conduits qui les traversent, toutes les poussières de l'air, de telle façon que celui-ci se salit aisément au passage. Aussi a-t-on imaginé, il y a quelques années, à Leeds, de les remplacer par une sorte de cage en bois ou vitrée, placée devant les fenêtres; celte cage renferme un assez grand nombre de petites ouvertures auxquelles font suite des conduits cylindriques en verre par lesquelles l'air passe avant de se rendre dans la pièce.

Depuis longtemps déjà, M. Emile Trélat enseignait dans son cours du Conservatoire des arts et métiers, les avantages qu'il y

aurait à placer, à la partie supérieure des fenêtres, des \itres percées d'un grand nombre de petits trous à section conique, afin de satisfaire aux conditions importantes d'aération que j'ai indiqiii'cs tout à l'heure. De leur côté, MM. Geneste et llerscher, frappés de ces mêmes avantages, s'efforçaient de rechercher des procédés industriels susceptibles d'obtenir des verres ainsi disposés. MM. Appert, maîtres verriers, sont enfin parvenus, après de nombreux essais, à fabriquer des vitres perforées. Ces vitres comprennent 5,000 trous par mètre carré, trous ayant une section circulaire de 5 millimètres de diamètre chacun et espacés de 15 millimètres d'axe en axe, sur une épaisseur de verre de r)"'°',5; d'autres vitres un peu plus épaisses (5 millimètres d'épaisseur) ont des trous de 4 milimètres de diamètre, espacés de 20 millimètres d'axe en axe. Les trous étant évasés à l'intérieur, les veines fiuides de l'air se trouvent épanouies à leur entrée dans la pièce. Placées à une hauteur minima de 2°", 50 au-dessus du sol, afin que les veines d'air accédant n'incommodent pas les occupants, ces vitres perforées permettent d'introduire insensiblement et incessamment de l'air frais dans les nombreuses parties de l'habitation où l'aération est des plus indispensables; dans les pièces élevées et dans les appartements, elles peuvent aussi être utilisées, à la condition qu'on les dispose de façon à pouvoir recouvrir par moments leur surface ouverte, ce que l'on peut obtenir à l'aide d'un châssis mobile pouvant dégager et fermer à volonté leurs orifices. Il faut aussi noter qu'elles ne sont pas exposées à s'obstruer, car « toutes les vitres des fenêtres sont nécessairement lavées et de cette façon l'air qui les traverse ne se charge d'aucune impureté au passage ». (Emile Trélat).

On méconnaît trop la nécessité d'introduire constamment et aussi largement que possible l'air extérieur dans les locaux habités. 11 ne serait pas sans avantage d'exiger sa pénétration, tout au moins dans certains milieux ; que de villes et de localités où l'absence des fenêtres dans les habitations constituent la principale cause de l'insalubrité! Il y a en France 219 270 maisons sans la moindre fenêtre, et 1 G56 636 maisonnettes qui n'ont que deux ouvertures.

142 niXlKMK CONFÉRENCE.

L'air que nous devons respirer dans nos habitations doit être pur et aussi frais que possible; nous emprunterons encore à M. Emile Trélat la définition de cette double condition, telle qu'il l'a exposée il y a quelques années devant la Société de médecine publique de Paris. Lorsque nous sommes en plein air, faitil remarquer, surldut à la campagne, l'atmosphère qui nous environne se nettoie incessamment et aussitôt qu'elle se salit ; car notre corps dépense autour de lui, par voie de rayonnement calorilique, une partie de la chaleur qu'il produit intérieurement : ce rayonnement calorifique, joint à la température des gaz expirés, détermine un courant atmosphérique ascendant autour des individus et dans ce courant sont emportés l'acide carbonique et la vapeur d'eau chargée des matériaux organiques exhalés. Aussi est-il indispensable, lorsque nous occupons des habilations closes, d'y assurer artificiellement le renouvellement de l'air; plus les communications seront faciles avec l'atmosphère extérieure, plus elles seront actives, plus il y aura do salubrité à l'intérieur. Il faut aussi que ces communications soient aussi immédiates et directes que possible, parce qu'il faut respirer de l'air frais, celui-ci étant le plus favorable à la santé. Lavoisier a, en effet, démontré (|u'à 26'"2o on consommait 11 parties d'oxygène, tandis qu'à 12°, 50 ce chiffre s'élevait à 12; d'où il résulte qu'à oxydation égale des poumons ou à production de chaleur égale, il faut que le même individu fasse 11 inspirations si l'air est à 26°, 25 et 12 s'il est à 12», 5. Ainsi, sous un même volume, l'air chaud contient moins d'oxygène que l'air froid; il est donc moins efficace à la respiration; en outre, plus l'air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d'eau avant de se saturer; plus la place de l'oxygène y est réduite.

Il faut, il est vrai, compter avec les conditions climatériques au miUeu desquelles nous vivons ; mais ces principes n'en devront pas moins régler la salubrité dans nos habitations. On songera aussi, suivant un théorème bien connu mais très peu appliqué, que le meilleur moyen de se bien chauffer consiste à ne pas se refoidir: en d'autres termes, comme on l'a dit, si une maison ne se refroidissait pas en hiver, il serait superflu de la chauffer; or, comme, abstraction faite de la ventilation nécessaire, les seules

CONDITIONS DE SALUBRITE D'UNE MAISON. i45

causes de refroidissement proviennent de l'enveloppe, il suffit de donner n cette enveloppe autant de chaleiu- que les influences extérieures lui en prennent (Soniasco). Il ne faudrait donc pas, ou le moins possible, élever la température de l'air dans la maison, mais ciiauffer nos murs, nus parquets, maintenir en température convenable tout le matéiiel qui nous environne, restituer artificiellement aux nun-ailles la ciialeur qui leur manque, et avoir à notre portée un foyer brillant, rayonnant de la chaleur lumineuse, ardente. De là, pour les habitations particulières, les avantages d'appareils envoyant aussitôt les produits de la combustion au dehors, et n'enlevant que le moins possible aux qualités normales de l'air qui nous entoure.

Les poêles ne sont plus guère employés que pour chauffer de très petits locaux, et cela en raison de leurs très nombreux inconvénients qui les font écarter le plus possible.

Un poêle se compose d'un foyer dans lequel s'effectue la combustion, d'une enveloppe ou cloche surmontant le foyer et qui est portée à une température plus ou moins considérable par les gaz de la combustion, enfin d'un tuyau permettant l'évacuation de la fumée.

Quelquefois cet ensemble est entouré d'une enveloppe ajourée à la partie inférieure et à la partie supérieure, ce qui garantit contre le rayonnement souvent excessif delà cloche du poêle, tout en permettant à l'air de circuler en s'échauffant autour de l'appareil. Dans quelques cas, on peut amener, dans l'intervalle libre entre le poêle et l'enveloppe extérieure, une certaine quantité d'air pris à l'extérieur et qui concourt à la ventilation.

Les poêles ont pour principal inconvénient de donner, dans les différents points des locaux où ils sont placés, des températures très différentes; chacun sait que l'on ne peut rester, sans être incommodé, à proximité d'un poêle, alors que, à une certaine distance de cet appareil, la température est souvent très insuffisante.

Comme ils sont généralement très mal construits, et encore jilus mal entretenus, ils donnent souvent lieu à des fuites de gaz dangereux, soit de l'acide carbonique, soit, ce qui est infiniment plus grave, de l'oxyde de carbone.

La cloche étant souvent portée au rouge, l'air qui passe à son contact prend une odeur caractéristique qui entête fortement; en même temps cet air est desséché et fort difficile à respirer. D'ailleurs, en raison de sa température élevée, il gagne les régions hautes de la salle et il en résulte que le chaufTage n'est possible qu'autant que les orifices d'évacuation d'air vicié sont placés à la partie basse des locaux, disposition dont nous avons indiqué les sérieux inconvénients (Voir la troisième conférence).

Au lieu d'être tout en tôle ou en fonte, ce qui est le cas général, les poêles sont assez souvent en faïence; les poêles en faïence ont à peu près tous les inconvénients de ceux en tôle ; pourtant ils fournissent une chaleur plus douce.

Mais tous ces défauts ne sont rien si on les compare à ceux des poêles mobiles.

Dans ces appareils, on s'est appliqué à simplifier le plus possible le service du chargement de combustible qui peut n'être fait qu'une ou deux fois par jour.

En même temps, ou a rendu l'appareil mobile, ce qui permet de le transporter successivement dans les difTérentes pièces composant un appartement. On conçoit que des avantages aussi réels aient séduit bien des gens; et que, malgré les innombra- ])les accidents auxquels ils ont donné lieu, les poêles mobiles n'aient pas encore perdu complètement leur vogue. Ce sont pourtant des appareils excessivement dangereux dont on ne devrait se servir qu'avec les plus grandes précautions. Ils se composent, en principe, d'un réservoir généralement cylindrique, dans lequel on emmagasine une certaine quantité de combustible et à la base duquel est disposée une grille sur laquelle s'elfectuera la combustion. Le réservoir est entouré d'une enveloppe dans laquelle débouche un tuyau de fumée. Un certain nombre de. trous, placés à peu près à mi-hauteur du réservoir, permettent aux gaz de la combustion de se dégager dans l'espace annulaire existant entre l'enveloppe et le réservoir et de gagner, de là, le tuyau de fumée. Au fur et à mesure que la combustion s'avance, le charbon descend du réservoir sur la grille, et, si le combustible est bien pur, comme c'est le cas de l'anthracite, on peut

;ilt;mdonner l'appareil à liii-mr-ine pcMidant iilusieiirs hciiifs sans qu'il s"éteigiie.

D'autre part, ces appareils sont surtout dangereux par suite de leur mobilité.

Un tuyau de lumi-e Uf peut, en ellet, être raccordé à jom< éianche. avec un orifice (pi'autant que ce joint sera luté très soigneusement à la terre; or, on conçoit bien qu'une pareille précaution ne peut être prise pour un appareil de ce genre, sans faire perdre le bénéfice de sa mobilité ; donc on peut dire que jamais le tuyau de fumée ne sera relié à une cheminée dans des conditions de sécurité convenables; d'ailleurs, bien souvent, on se contente de pratiquer dans le tablier des cheminées déjà existantes un trou dans lequel on vient engager le bout de tuyau ilonl sont pourvus les poêles mobiles. Dans ces conditions, en supposant que le joint entre le tuyau et le tablier soit parfait, ce qui est impossible, il y aura nécessairement un jour plus ou moins considérable entre le dessous du tablier et la pierre d'àtre; et, par ce jour, communication avec la cheminée.

Il suffira donc d'une insuffisance habituelle de tirage, ou même d'une forte bourrasque, pour que les produits de la combustion provenant du poêle mobile soient refoulés dans la pièce où il est placé. Il est bon de remarquer que, d'une manière générale, ces appareils ne peuvent déterminer qu'un tirage très imparfait; la combustion y est en ellèt toujours excessivement lente, et, comme les gaz chauds produits débouchent dans une cheminée toujours trop large, chauffée seulement par intermittences, ils se refroidissent presque immédiatement, et, par conséquent, ne peuvent provoquer qu'un tirage excessivement faible, si toutefois il existe.

Donc, abstraction faite de toute autre cause, les poêles mobiles sont dangereux parce quih sont mobiles, et l'expérience n'a que trop prouvé que, bien souvent, une bonne partie des gaz brûlés auxquels ils donnaient naissance refluaient dans les appartements où ils étaient placés, soit par-dessous la trappe d'une cheminée, soit par le trou percé dans une trappe.

Ces poêles sont d'ailleurs particulièrement à redouter, en raison de la façon dont s'y produit la combustion. Elle se fait,

146 DIXIEME CUXFÉf.ENCE

dans cos appareils, à la base d'une masse de charbon et les gaz produits sont forcés, pour gagner la cheminée, de traverser nue concho de combustible porté au rouge; or ce sont là les conditions les plus favorables pour [iroduire de l'oxyde de carbone; la lorniation de ce gaz est d'ailleurs favorisée encore par la combustion lente qu'on s'efTorce toujours de réaliser dans ces appareils; toutefois, la combustion fût-elle très vive, il se produirait encore de l'oxyde de carbone, il s'en formerait une moins grande quantité pour cent volumes de gaz; mais le volume total d'oxyde de carbone formé serait, dans les limiles de la pralitpie, d'autant l)lus considérable que la combustion serait elle-même plus active. On comprend ainsi combien le refoulement des gaz de la combustion est dangereux, puisque ces gaz contiennent une notable proportion d'oxyde de carbone. Ce gaz peut d'ailleurs se dégager dans le local où est placé le poêle soit par le joint du couvercle, qui, en service, n'est que bien exceptionnellement élanche, soit même par des Assures, plus ou moins visibles, de l'enveloppe.

Ce qu'il y a peut-être de plus redoutable dans l'emploi de ces poêles mobiles à combustion lente, c'est qu'ils peuvent causer l'empoisonnement de voisins qui ne s'en servent pas. On a eu de nondjreux exemples d'intoxication à grande distance, l'oxyde de carbone se dégageant dans un tuyau commun à plusieurs cheminées (disposition d'ailleurs formellement contraire aux règlements de police).

En somme, ces appareils sont tous plus ou moins mauvais; il serait à souhaiter qu'une vigoureuse réaction se fît conlie eux et que leur emploi fût limité au chauffage des escaliers, des corridors, etc. Mieux vaudrait encore les supprimer tout à fait.

Nous ne croyons pas nécessaire de parler des poêles sans tuyaux, dits braseros: car on ne saurait concevoir qu'il puisse se trouver quelqn'im pour les employer.

Les cheminées sont depuis bien longtemps employées pour le chauffage des appartements, et, selon toute probabilité, elles le seront longtemps encore.

Une cheminée est formée d'une excavation ménagée dans un mur de manière à v lo^er un fover formé de trois faces en bri-

CONDITIONS DE SAI.UniUTl': FfUNE MAISON. 1 i7

(|iips i^fractaires et d'une grille; très souvent le fond du loyer, au lieu d'tMre en hri((ues rétVactaircs, est formé d'une plaque de foide.

Les gaz de la combustion se dégagent directement dans un tuyau de fumée. Au point de vue de l'hygiène une cheminée qui tire bien est assez satisfaisante; mais ces appareils ont l'inconvénient de produire très peu de chaleur, dont on ne peut profiter qu'en s'en approchant très près. Pour mieux utiliser la chaleur dans tes cheminées on a disposé dans le foyer des tubes creux traversés par de l'air venant du dehors ; cet air s'échautTe aux dépens des gaz de la combustion et se répand, chaud, dans la salle dont il élève ainsi la température (appareil Fondet ou appareil Cordier), ou bien encore on fait passer de l'air derrière le fond du foyer muni de nervures. Cet air est ensuite émis par deux bouches pratiquées sur les côtés de la cheminée.

Ainsi, dans le foyer Ch. Joly (lig. 58), existent :

1° Une plaque de fonte isolée A formant l'âtre ; elle reçoit audessus les chenets ou la grille supportant le combustible. Par. dessous et en avant, vient déboucher l'air frais extérieui';

2° Une coquille en fonte B, formant foyer réflecteur : celle coquille est plane à l'intérieur. Aiî contraire, sa partie externe, formant une paroi de la chambre de chaleur C, non sujette à engorgement, est munie de nervures et d'ondulations nombreuses recourbées en forme de dôme, destinées à réfléchir la chaleur dans la pièce, à augmenter considérablement les surfaces de transmission, enfin, à utiliser la chaleur là où elle est la plus intense, c'est-à-dire en haut du foyer;

5° Un cadre en fonte D venant s'emboiter sur la coquille B, et supportant une trappe E à fermeture conique. Dans la feuillure supérieure viennent se poser les tambours ou tuyaux en tôle F destinés à utiliser la fumée : tantôt ces tuyaux seront en croix, si la sortie de la fumée est directe : tantôt le tambour se disposera avec une'sortie à droite ou à gauche, suivant la direction des cheminées, qui varient à l'infini. Le ramonage sera direct, soit par des tampons latéraux, soit en soulevant la trappe ou chicane (i, posée sur tasseaux.

Dans la cheminée Douglas-Gallon, lrè> usitée en Angleterre,

ou s'est efforcé de mettre le foyer aussi eu avantjqiie possible ; les parois de ce foyer, eu terre réfractaire, sout iucliuées de inauière à réfléchir la chaleur dans la pièce; au-dessus du foyer on a disposé une plaque réfractaire iuclinée ayaut en particulier pour but de réfléchir la chaleur; la grille est en partie pleine, ce qui permet de réaliser une combustion relativement lente; cette

Fig. 58. — Cheminée Ch. Joly. — \, àlre; B, coquille en fonte; C, chambre de chaleur; D, cadre en fonte; E, trappe; F, tambours ou tuyaux en tôle; G trappe ou chicane; J, rideau mobile.

lenteur de combustion est rendue possible grâce à la présence, tout autour et au-dessus du foyer, de la garniture réfractaire dont nous avons parlé. Celte masse réfractaire, une fois échauffée, rayonne sur le combustible et le maintient à une température très élevée; des orifices ménagés dans le fond du foyer permettent une admission d'air au-dessus du combustible, de façon que, s'il se forme de l'oxyde de carbone dans la combustion relativement lente, il soit brûlé et transformé en acide carbonique.

Dans la cheminée Douglas - Galton on fait passer, pour le chaulTer, de l'air derrière le foyer; cet air gagne, par un conduit qui entoure le tuyau de fumée, la partie supérieure de la chambre où est placée la cheminée. Nous aVons, à propos de la ventilation, critiqué cette émission d'air neuf à la partie supérieure des locaux. La ventilation est, dans ce cas, toujours très imparfaite. Il y a lieu de craindre que la cheminée Douglas- Galton ne donne lieu à une émission de gaz de la combustion (peut-être même à de l'oxyde de carbone, en raison de la lenteur relative de la combustion).

Le jour n'est pas encore venu où l'on pourra, à l'aide d'un calorifère central, distribuer dans la plupart des habitations, de la chaleur, comme on y distribue aujourd'hui de l'eau, du gaz ou de l'électricité. Alors les habitations seraient édifiées en conséquence et des procédés rationnels de chauffage pourraient y être appliqués. Actuellement ce procédé n'est qu'à la disposition des personnes riches, surtout pour celles qui habitent une maison isolée. Les calorifères étabhs dans ces conditions sont d'ordinaire placés dans les caves; ils sont à air chaud, eau chaude ou vapeur d'eau.

Les calorifères à air chaud ont beaucoup d'analogie avec les poêles à enveloppe qu'on désigne d'ailleurs quelquefois sous le nom de poêles-calorifères. Ils comportent un foyer surmonté d'une cloche en fonte généralement munie de nervures longitudinales destinées à faciliter la transmission de la chaleur du foyer à l'air à chauffer. De la partie supérieure du foyer la fumée se rend dans un tuyau d'évacuation, après avoir parcouru un circuit plus ou moins long, dans un appareil en fonte ou en tôle que vient lécher l'air à chauffer et qu'on nomme boite à fumée. Tout cet ensemble, foyer, cloche munie de nervures, boite à fumée, est placé dans une chambre en maçonnerie communiquant avec l'air extérieur par une prise d'air ménagée à sa partie inférieure, et surmontée d'une seconde chambre servant de réservoir d'air chaud. Ce réservoir est souvent nommé : chambre de chaleur de là partent les conduits desservant les locaux à chauffer.

L'air arrive du dehors par la prise d'air, s't'cliaufle au contacl de la cloche et de la boîte à fumée, gagne la chambre de chaleur, et de là se rend par les conduits dans les diverses salles à chaufTer.

Les calorifères à air chaud ont toute une série d'inconvénients :

1° Nécessité de faire cheminer l'air, depuis l'extérieur jusqu'aux locaux où il doit être utilisé, dans des gaines inaccessibles, qui ne sont jamais nettoyées et d'ailleurs presque jamais nettoyables.

2° Danger de voir, en cas d'arrêt du tirage, les gaz de la combustion se mêler à l'air chaud destiné au chauffage et à la ventilation. Cet accident est surtout à redouter quand on emploie des calorifères à combustion lente, car alors il se produit de l'oxyde de carbone (appareils ou dalles réfraclaires permettant la combustion des poussières de charbon ou de coke).

5° Trop grande sécheresse de l'air.

4° La ventilation est solidaire du chaufl'age, puisque c'est l'air qui sert à la ventilation qui apporte en même temps les eolonies nécessaires pour maintenir les salles à une température convenable.

5° L'air très chaud sortant des bouches de chaleur gagne de suite la partie supérieure des salles dont on ne peut alors assurer le chauffage qu'en plaçant à la partie basse les orifices d'extraction de l'air vicié. Nous avons, à plusieurs reprises, expliqué que la ventilation pratiquée dans ces conditions n'était jamais satisfaisante.

6° Enfin on ne peut guère, avec un calorifère à air chaud porter la chaleur à une distance de plus de 15 mètres (horizontalement comptés). D'où il suit que ces appareils ne peuvent être employés pour une installation importante. Est-il bien utile de rappeler qu'ils exposent aussi à des chances d'incendie?

Il n'en est plus de même avec les calorifères à eau chaude et à vapeur, dont les dispositions assurent au moins la salubrité du local habité.

L'éclairage est encore une cause d'altération de l'air, non

seulement par la consommation d'oxygène qu'il nécessite, nuiis aussi par les gaz qui résultent de la combustion et qu'il lance dans l'atmosphère. Lue bougie consumant 10 grammes d'acide stéarique par heure, ou bien 10 grammes d'huile qui brûlent dans une lampe, produisent, dans ce laps de temps, environ 15 litres d'acide carbonique, et dépensent 100 litres d'air à 15 degrés. C'est à peu près la consommation d'oxysène d'un homme ordinaire. A Paris, un bec d'éclairage bride de 150 à 150 litres de gaz par heure et enlève à l'air 190 à 220 litres d'oxygène. Il correspond par conséquent à la consommation de 9 à 10 adultes. Quant à l'éclairage au pétrole, il est encore plus nuisible.

Le problème de la salubrité de l'habitation ne se résume pas seulement dans les conditions que nous venons d'examiner : la qualité des matériaux employés, le choix et l'aménagement du sol et du sous-sol, les dispositions intérieures, l'évacuation des immondices, etc., sont autant de sujets d'où dépend la parfaite et complète intégrité de l'air respiré pendant l'occupation de nos logements. Parmi ces conditions inhérentes à l'assainissement , il en est une qui domine en quelque sorte une parlie des autres, car elle est de tous les instants et exige une surveillance incessante ; je veux parler de Yéracuation prompte et immédiate de toutes les matières usées par la vie journalière, c'est-à-dire de tout ce qui peut être cause de putréfaction et de fermentation dans l'habitation. Or, ces matières sont surtout produites dans les cabinets d'aisances, dans les cuisines, dans les cabinets de toilette, et ce sont ces parties de la maison qu'il convient d'aménager avec un soin particulier.

Ainsi que le disait M. Durand-Claye, l'un de nos ingénieurs sanitaires les plus autorisés et les plus compétents, m dans la maison les principes sont simples : dès qu'une matière usée est produite, il faut l'expulser, sans la laisser séjourner dans l'habitation. Pour les ordures ménagères, le service d'enlèvement peut se faire actuellement d'une manière relativement satisfaisante dans les grandes villes, grâce à des récipients mobiles et à l'enlèvement méthodique. 11 n'en est pas de même pour les eaux pluviales et ménagères, pour les matières de vidanges dont

l'éloignement est d'ordinaire si mal aménagé. O qu'il faut, c'est à chaque orifice d'évacuation l'eau en (|uantité suffisante, puis un appareil d'occlusion simple et efficace, le siphon hydraulique, c'est-à-dire l'inflexion suffisamment accusée du tuyau d'évacuation. Ensuite la canalisation générale de la maison doit être simple en tracé et en élévation, communiquant largement à la partie supérieure avec l'atmosphère, de manière à aspirer à chaque évacuation de l'air pur et frais qui baigne le flot liquide et combatte dès le point de départ la fermentation par l'oxydation. » Ainsi, deux sortes d'appaieils sont indispensables, dans tous les cas. pour assurer la salubrité des parties de l'habitation où l'on produit et d'où l'on projette des matières usées, à savoir : le réservoir de chasse d'eau et le siphon hydrauhque.

Personne n'ignore que l'emploi judicieux et approprié d'une certaine quantité d'eau est un des éléments indispensables de l'assainissement des habitations; il est très rare qu'on puisse disposer d'eau sans limite et il ne suffirait pas de dépenser de l'eau pour que l'assainissement soit réalisé. Aussi doit-on s'efforcer de l'envoyer dans les appareils et tuyaux en chasses abondantes au lieu d'égouttements continuels, comme on ne le fait que trop souvent ; il faut transformer l'écoulement continu, en usage pour certains appareils, en écoulement intermittent de faible durée, afin d'augmenter le volume d'eau écoulé en un temps donné et de lui procurer, par suite, une force de nettoyage réellement efficace.

Dans ce but, on a imaginé un grand nombre d'appareils de chasse d'eau, soit automatiques, soit à tirage, dont la plupart sont des variantes du siphon annulaire automatique de Rogers Field.

Le siphon hydraulique qui complète aujourd'hui toute installation destinée à l'évacuation des matières usées, affecte généralement la forme de la lettre S couchée ^, quand la direction de sortie est verticale, et la forme en demi S couchée lorsque cette sortie est horizontale. Ces formes ont été admises comme étant les plus rationnelles, à la suite de nombreuses expériences ; elles offrent, en effet, le moins de résistance à l'écoulement des liquides et permettent le plus facilement le nettoyage automa-

tique et complet de l'appareil, d'ailleurs exempt d'angles, puisque ces siphons sont de section circulaire dans toute leur longueur.

La plus importante des conditions que doivent remplir les siphons hydrauliques, c'est assurément (ju'ils loi'menf une fermeture toujours directement infranchissable aux courants de gaz viciés, provenant des réservoirs où se déposent les matières évacuées. Il est fréquent que les siphons se siphonnent euxmêmes, c'est-à-dire que, sous l'action d'une succion produite dans le tuyau principal d'écoulement, la garde d'eau du siphon risque de s'épuiser ; alors elle ne forme plus obturation et les gaz des réservoirs rentrent avec facilité dans les habitations. D'où la nécessité de les ventiler en couronne, c'est-à-dire de greffer une tubulure au sommet du siphon, tubulure en communication avec l'atmosphère extérieure; ainsi l'on empêche toute succion sur la poche d'eau interceptrice des odeurs.

On a fait, il est vrai, aux siphons plusieurs reproches. Ils ne fonctionneraient plus lorsqu'on a été un certain temps sans s'en servir, par suite de la lente évaporation de la couche d'eau qu'ils renferment; ainsi, lorsqu'une personne laisse son appartement pendant deux ou trois mois d'été, les siphons ont pu se désamorcer peu à peu en son absence. Mais il est facile de remédier à cet inconvénient, très rare dans la pratique, en remplissant au moment du départ le siphon de glycérine ou en maintenant un très petit écoulement d'eau pendant le temps où l'appareil n'est pas en service. Il en est de même pour les cas de grands froids, après qu'on a entouré le siphon d'une garniture chaude.

Les siphons présentent, en outre, le très grand avantage de pouvoir rejeter tous les systèmes plus ou moins compliqués de mécanismes dont on se sert trop souvent pour l'évacuation des immondices. Nos water-closets, nos appareils d'évier, etc., sont munis de clapets, de soupapes d'un maniement très incommode et qui ne présentent à l'égard de l'hygiène que de graves inconvénients. Viennent-ils à être dérangés, ce qui est fréquent, tout au moins pour les appareils à usage commun, il est souvent difficile de les réparer, et pour peu que Ton soit éloigné d'un centre habité, cela devient presque une impossibilité. 11 en résulte que, pendant tout ce temps, l'habitant reçoit directe-

154 DIXIÈME CONFERENCK.

ment les émanations des réservoirs où sont projetées les mafièros usées.

D'un aulre côté, il importe que les appareils, comme les locaux où on les ])lace, soient accessiMes sur toutes leurs parties de façon à ce que le nettoyage en soit lacile; et, de plus, tout ce qui les entoure doit être imperméable, et anche et lisse; aucune impureté d'aucune sorte ne doit y être retenue. D'où l'emploi de carreaux vernissés sur les parois, d'appareils en faïence ou en grès, de revêtements en ciment. On a cherclié par tous les moyens à obtenir des matériaux à la fois bon marché, résistants et imperméables. L'ardoise se salit vite et il s'y forme des dépôts de sels qu'il est assez diflicile d'enlever et qui sont des foyers permanents de mauvaises odeurs; l'ardoise émaillée est préférable, mais elle coûte cher; de même, la lave émaillée dont on fait des dalles, des plaques, des dessus de siège d'une étanchéité absolue. Le verre a aussi été essayé; la ligure 58 montre des cabinets aménagés uniquement avec cette matière, peu coûteuse, facile à laver, et qui doit être d'un usage très précieux partout où l'on peut espérer ne pas avoir de brisures.

Dans la figure 58, on voit tout d'abord un type de ces cabinets d'aisances si communs dans nos maisons, où ils sont placés à mi-étage : une simple cuvette, munie d'une soupape maniée par une tige à main, est placée sur un énorme vase de fonte allant rejoindre le tuyau de chute commun à tous les étages de la maison; il n'y a d'écoulement d'eau que celui que le visiteur veut bien y mettre, et le cabinet lui-même est encombré par des tuyaux autour desquels s'amassent toutes les saletés. Il n'en est plus de même lorsqu'on fait usage des cuvettes sans mécanisme (fig. 59 et 40) : des réservoirs de chasse, à tirage dans la figure de gauche, automatiques dans la figure de droite, permettent l'enlèvement immédiat des matières qui vont se déverser dans les tuyaux de chute après avoir passé par un siphon ventilé à l'aide d'un conduit spécial aboutissant à un tuyau d'évent, ou mieux à une boîte indépendante d'aération avec valve en mica. L'appareil de gauche est surmonté d'un abatant qu'on abaisse pour le service et qui permet un nettoyage parfait de toutes les parties de l'appareil et de la pièce où il est posé.

CONDITIONS DE SALIBIUTE DINK M.VISdN.

S'agit-il de remplacer les « plombs », ces horribles boites où les ménagères sont tenues de jeter toutes les immondices et qui sert à tous usages, de supprimer cette cause permanente d'in-

Fig. 59. — Cabinet dui^ances insalubre. 'Extrait de La Salure.)

fection, trop souvent placée, comme le montre la figure 41, sous une fenêtre faisant appel d'air vers la demeure, il faut, ou bien installer un évier dans l'appartement, ou bien disposer des

cuvettes-toilettes; mais l'un comme l'autre doivent être surmontés d'un robinet et n'envoyer les matières charriées par le

Fig. -iO et -il. — Installation de cabinets d'aisances salubres avec icservoir de chasse et appareils siphonnés et ventilés sans mécanisme. (Extrait de La Nature.)

tuyau de chute que par l'intermédiaire d'un siphon ventilé, comme on le voit aux figures 45, 44 et 45. De telles installations deviennent encore plus nécessaires lors-

qu'il s'agit d'appareils devant servir à un grand nombre de personnes, surtout si la surveillance n'en peut être constante; et c'est ce qui arrive dans la plupart des établissements publics. La ti?. 45 représente l'un de ces cabinets, dits à la turque, dont

Fig^. ii. — <> Plomb» insalubre à usage commun, sans eau ni interception (Extrait de La Nature.)

Fig. 43 — Cuvette-toilette munie d'un effet d'eau et d'un siphon obturateur ventilé.(Extrait de La N'af «/"«.)

la saleté est si révoltante et l'on voit plus loin un cabinet tout revêtu de verre (tîg. 46). Un réservoir de cbasse d'eau automatique y balaye les matières à intervalles réguliers; un autre réservoir de chasse placé latéralement fait couler de temps à autre de l'eau dans les rigoles placées en avant du siège ; des verres perforés aux fenêtres y déterminent une aération constante et insensible ; un siphon ventilé y empêche tout reflux de mauvaises odeurs. Ainsi se trouvent obtenues, dans ces diverses parties de l'habitation, les conditions que les hygié-

1)1 MEME COINFEREACE.

nislos les plus sévères peuvent légifimcmenl oxigor, dans l'étal actuel (le nos connaissances scientifiques el de notre outilla;,^e sanitaire.

Coniiiicn! relier ces diverses ])arties de la maison à la (lisjtosi-

Fi-r.li. — Évier do cuisine iiisalubie.

(Extrait de La Nature.)

Fig. il). — Évier salubre avec effet d'eau et siphon obluraleurveiililé.

(Extrait de La Nature.)

lion admise pour l'évacuation, totale ou partielle, des matièies usées? MM. A.-J. Martin et Masson ont publié sous forme d'atlas «les planches, dont j'extrais celles qui se rapportent à la maison d'habitation de Paris, suivant que cette maison est munie de fosse fixe, qu'elle est desservie par l'appareil diviseur ou qu'elle envoie tout à l'égout, pour employer l'expression consacrée.

La figure -48 représente une maison de construction ancienne, desservie par une fosse fixe. Les gaz qui se dégagent de celle-ci sous l'influence des variations atmosphériques y sont refoulés

CONDITIONS DE SALUBRITE DTNE MAISON.

dans les appartements par les branchements des cabinets, reliés directement au tuyau de chute commun; la fosse, d'autre part, n'est pas (-tanche et ses infiltrations vont infecter l'eau du puits i|ui sert à Talinientation des habitants de l'innneuble. Les plombs,

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46. — Cabinet public insalubre, avec « trou à la turque ». iTstrait de La Nature.)

placés sur les paliers, sont branchés directement sur le tuyau de descente des eaux pluviales, qui forme fréquemment cheminée d'appel, si bien que l'air vicié se trouve déversé à l'intérieur lorsqu'on les ouvre; il en est de même du tuyau fixé sur la façade.

DlXIÈMi: CONFÉRENCE.

et dont les éinanaliejis arrivent aux fenêtres des mansardes. Ouantaux éviers des cuisines, ils n'ont pas d'écoulement direct ;m dehors. On peut enfin constater qu'aussi bien les cuisines que les cabinets situés à mi-étage s'aèrent par l'escalier, qui fait

MWIfflillIllWnilW

Fig. i~. — Cabinet public salubre à parois et siège de verre, réservoir Je chasse et siphon. (Extrait de La Sature.)

comme une vaste cheminée de ventilation; pour peu que des joints soient fuyants, des appareils en mauvais état, la maison est infectée; de là, cette odeur si caractéristique que l'on ressent dès qu'on entre dans les habitations ainsi construites.

CONDITIONS llE SALI niilTÉ iriNE MAISON. 101

La siliuition n'est pas beaucoup améliorée avec rinstallation du sysième diviseur, telle que la représente la figure 40. Cette maison e=t reliée ;i l'égout par un drain général recevant les eaux de pluie, les eaux ménagères et la vidange des cabinets; ce drain, à l'entrée du brancliement particulier, se termine par un réservoir dit gueule de cochon, qui n'est en somme qu'un siphon incomplet, souvent à sec, n'empêchant en aucune façon le refoulement des gaz de l'égout. De plus, ceux-ci peuvent aisément remonler par les tuyaux de cliule des eaux pluviales et infecter les mansardes, aussi bien que par la décharge des éviers pourvus de bombes siphoïdes insuflisantes. Les cuvettes des waler-closets, quoique munies d'etFet d'eau, sont directement reliées au tuyau de chute prolongé jusqu'à la tinette fdtrante qui n'est le plus souvent qu'une fosse fixe de plus petit calibre. Les éviers des cuisines sont reliés directement au tuyau de chute, etc., etc.

Tout autre est l'installa'ion que représente la figure 50, montrant une coupe de maison assainie par l'écoulement direct à légout. Ici, tous les tuyaux de chute évacuant les eaux des cours, les immondices des éviers, des water-closets et les eaux pluviales ont des diamètres qui, sauf pour les chutes en poterie, ne dépassent pas O"",!! ; ils se réunissent dans un drain général en poterie vernissée de 0'°,15 de diamètre, prolongé dans l'égout où il débouche directement, au pied d'un mur de séparation isolant le branchement ; un siphon à nettoyage automatique empêche le retour des gaz de l'égout. Des regards situés au-dessus de ce siphon sont venlilés chacun par un tuyau aboutissant à mie grille verticale munie d'une valve en mica et qui s'ouvre à l'air libre. Le tuyau de chute des eaux pluviales de la façade débouche dans l'un de ces regards. Quant au tuyau de chute des cabinets, il est placé contre le mur extérieur de la cuvette et vient rejoindre le drain par un coude dont la forme empêche les dépôts de se produire; il débouche à l'air libre au-dessus du toit et reçoit les tuyaux de décharge des vvater-closets, séparés de la cuvette par un siphon hydraulique ventilé en couronne. Le tuyau commun de ventilation de ces siphons part de celui du water-closet du rez-de-chaussée et se branche sur le tuyau de chute à la distance d'un étage au-dessus du dernier. 11 va de soi

P«Ol«T. 11

que tous les cabinets sont pourvus de réservoirs de chasse, de manière ({u'il n'exisie aucune communication directe entre le

(^ttoaoai

Fig-. -iS. — Maison desservie par une fosse fixe, avec cabinets, plombs et éviers insalubres. (A.-J. Martin et L. Masson.)

A, Cuisines prenant le jour et l'air sur la cage de rejcalier.

B, Cabinets d'aisances communs disposés sous un appentis adossé au bâtiment La

polie d'entroe du cabinet du rez-de-chaussée a été méuaj;ée sous le rampant de l'escalier; les deux autres cabinets, en élévation, communiquent avec le bâtiment par une baie ouverte dans la ca|;e de l'escalier aux doux tiers de chaque étage. — 0, Pierre d'évier avec récipient mobile recevant les eaux ménagères. — //, Cuvettes, dites plombs, placées sur iliaque palier dans l'allège de la croisée éclairant la cage de rcscalier. — r. Descente d'eaux pluviales recevant les eaux ménagères par les plombs d'étages. — rf, Descentes des eaux pluviales. — e, Gargouilles en Imite conduisant dans le ruisseau de la rue touics les eaux pluviales et ménagères de la inaisnn. — f, Fusse lixe. — <j, l'uyau d'évpnt de la fosse. — h. Chute des cabinets d'ais^mces. — i. Cuvettes en foute sans fermeture placées sous ries sièges en bois ou en pierre. — n. Pipes en plomb raccordant les curettes de cabinets d'jisances avec le tuyau de chute. —]t, Puits contaminé par les fuites de la fosse lixe. —q. Pompe.

service d'eau pure et les cuvettes. De même, les éviers et les lavabos comportent des siphons hydraulifjucs. Enfin, nous avons supposé que le rez-de-chaussée de la maison était occupé par un

Fig. 49.

Maison desservie par un apparci (A.-J. Martin et L. Masson.)

la condiiile d'eau. — b. Distribution

A, Éiûut public.

I! Biaiiclieiiient particulier.— fl, Pnse en charge L ,. „ u . j. •. . j

' d'eau alin". niant les cuisines cl la fontaine de la cour. - 1;', Robinets d arrêt et de viilan-'c lie la distiibulion deau.— I-. Compteur a eau.

C cùismes prenant le jour et l'air sur une courette. - d. Pierres d evier avec bond^ siDhoiïe "t Dlcnb d'.'-vacualiun rac ordant le tuyau de descente. - e. lîobinet pique sur la colonne montante b.-f. Descente en fonte recevant les eaux inenageies.

E c'aïine\'.%YtoileUe'^vèVc';,vX%ot à eau et seau dit bygién que pour recevoir [es eau" slles et souvent les urines. - k. Tuyau de descente lecevant fus eaux pluviales î?".' »»r, ",,èn"sfcres - I. iuyau de descente d.'S eaux p'nviales. - m. =,pl.on dit

Siphi us en fonte, sorte de i ecipients dâiiT li-souels les ordures tinissent toujours par s'acumuler. ■ , .

V l-Hmis fou^-e\f^s^L ellet d eau, ave,: stalles en ard.u.es eu en cment, ou simplement ' éXs'avec'eve'tem.Mts en zinc. - 0, Iuyau fév;acuat.on^de ^^l^'J^oi^J^rZ'.lZ^'lt

a'rciXm^ - P Uneue-lutre ràcco'.dant la chute des caUnets d'aisances en conse,và'-u toutes le^s'n.alières .olules. - v. Vent lat.ur de 1. chambre a tjne te.

«: Col de cv;;ne en caoutchouc pour le raccord de la tinetteavec la canalisation, r, Canalisation en fonte cl de 0'M9 souvent de 0»,22 et 0

i de diaiiiétie. — ,<. Dévei-

''':^ ":Se'de'r;..^.Terminâ.r;; caù:;iUt.on à l^.nuçe du.brauchnmeut p.rji- ;r-'t Partie de conduite de O-.ÔO de diamètre (diamètre reglementa.re) pesée

soir,

souTtratoir et'i'aaonrànt'ïcs descentes avec la caii.ilisation.

Kit

DIXIEMK CM.MKfU-.NCi; ,£^ na an

Fi;:. 50. — Maison assainie par l'écoulement à l'éjoiil et les dispositions hygiéniques de IomIcs les pallies consacrées à l'évacuation de toutes les iiiatiùrcs usées. (.\. J. Marlii] et L. Massonj.

A, Ésjniit public.

A', ISrancneinent parliculier.

li, Cui'ines avec robinet d'eau de source au-des-^us de la pierre d'évier.

C, Cabiuels <raifances. —q. Cuvette en poterie émalllée avec Hphon- La cuvette est mon-

tée »ous un siège en liuis avec dessus et dfvant ouvrant à charnières. — o. Réservoir de chasse fonctionnant à la main pour le lavage de la cuvette. — Alimentation deau dOurcq ou de rivièie — a. Tuyau de cinuc des cabinets d'aisances, plomb de 0".lt d« diamètre. — p. Ventilation en plomb de 0",9i, pour les siphons sous cuvettes île cabinets d'aitances. — m, l'risc d air avec valve en mica pour la ventilaiioii du tuyau de chute.

D, Lavabos avec robine's alimentés par l'eau de source; luyau.^ d'évacuation débouchant à

air libre dans les cuvettes interposnes sur les tuyaux de descente. r. Urinoirs avec revêtements en lave émalllée. auge en poterie émaillée et à retenue d'eau; réservoir de ciiasses fonctionnant automatiquement; alimi-nlation en eau d'Ourcq ou de rivière; eomluil d'évacuation dpboiicliant à lair libre dans un siph.-m de cour ou dans un renard. — n. Siphons en plomb ou en poterie avec bouchons de nettoyage. — b. Tuyau de descente d'eaux pluviales recevant des eaux ménagères — /i',"luyau de descente des eaux pluviales, —c. Cuvettes interposées sur les tiivaux de descente d'eaux. — d. Tuyau de de'ci-nte dVaux ménagèris. — e. Conduites en" tuvaui de poterie vernissée. — /..;. Siphons de cour en poterie vernissée. — h. Siphons en poterie vernissée, interposes entre le? chutes ou ilescentes ctl.i c.malisaiioii — j, Siphon en poterie vernissée, in;eipofé sur la canalisation entre l'rgout public et \.t maison. — *, Kcgards de visite. — /, Prise d'air sur regaidsde visite — r. Prise d'air pour la ventilation dn branchement particulier.— T, Compleurs à eau — s. Pri^e en charge sur la conduite d'eau de source — s'. Prise en charge sur la conduite d'eau d'ourcq ou de rivière.— x. Robinets d'arrêt et de vidange sur les conduites d'alimentation et sur les colonnes montantes.

CONDITIONS DE SALUDlilTl': D'INE MAlSU.N. 105

c;ilV', aliu de iiioiilrei' fOimiiiMit doil rliv disposé riiriiioir situé dans l'arrièrc-boiilique, et qui est d'oi'dinairc si malpropre; col urinoir e-il à ange, avec réservoir de chasse aulonialiquc et siphon hydrauhque. Comme on le voit, toutes les précautions sont iiriscs dans la maison pour que le même principe de la salubrité soit appliqué aussi strictement que possible à tous les appareils recevant des matières usées, à savoir circulation pas de stagnation.

Sans doute, les détails que je viens de donner sur la salubrité des habitations ne sont pas tous également ni de la même façon applicables dans tous les immeuLlei. Toutefois, les règles que j'ai posées tout à l'heure sont les mêmes partout et ce sont celles qui doivent présider à toutes les applications.

Leur importance n'est pas douteuse. La malpropreté intérieure de l'habitation, a-t-on dit depuis longtemps, est la première de toutes les misères physiologiques qui prédisposent si bien à toutes les maladies de consomption, affections banales de poitrine, dégénérescence scrofuleuse, décadence organique des familles, la phtisie pulmonaire qui, vous le savez, compte dans certaines villes pour le cinquième du nombre total des décès. Là réforme de la salubrité de l'habitation domine, en quelque sorte, toute l'hygiène des agglomérations et cela est si vrai que c'est surtout dans les habitations insalubres que les épidémies font le plus de victimes. Ce n'est pas ici le lieu de définir les divers moyens de propagation des maladies transmissibles, leurs modalités particulières, non plus que les différentes influences extérieures et intérieures, atmosphériques et humaines qui agissent pour chacune d'elles; mais il est un fait que l'on ne saurait nier, c'est que la plupart de ces maladies, comme le disait M. Rochard à la tribune de l'Académie de médecine, sont fdles de la saleté et de l'encombrement. Que d'exemples je pourrais vous citer de la vérité de cet aphorisme ! Ne sail-on pas que la mortalité est en raison de la densité de la population, et que cette densité est toujours dangereuse lorsque l'hygiène de la population est défectueuse?

O.NZIEMK CO.NFEUE.NCE LES MALADIES TR ANSMISSIBLES

par les clojeclions liiimaiiics : lièvre typlioïde. cliolora.

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