‹ Douze conférences d'hygiène, rédigées conformément au plan d'études du 12 août 1890Chapitre 17 sur 22 · BAINS · texte numérisé non relu

BAINS

la peau provoque dans tout l'organisme une succession de phénomènes que nous allons passer en revue.

Le premier elVet qui se manifeste est une sensation de refoulement des liquides à l'intérieur du corps, accompagnée de suffocation et de gène de la respiration. La peau se décolore et il survient de la chair de poule, du frisson, du tremljlement. En même temps, le pouls devient dur et serré. A cette sorte d'excitation générale succède bientôt une période de calme ; la coloration de la peau revient, et les battements de cœur augmentent de fréquence. Si l'action du froid est prolongée, on voit de nouveau apparaître un frissonnement général, désigné habiluellement

.ous le nom de second frisson. Ce second frisson doit être évite; il indique que le corps est resté trop longtemps expose au froid, et que ce dernier prend le dessus dans la lutte qui a lieu entre lui et les forces organiques.

Lorsque l'on se retire du bain froid avant ce moment, on éprouve une série de phénomènes à laquelle on a donné le nom de réaction. Une sensation de chaleur commence à parcourir les membres, une vive couleur se manifeste à la peau. La respiration devient large et facile, la circulation s'accélère, les muscles acquièrent delà force, on ressent dans tous les organes plus de souplesse et d'énergie qu'avant le bain. La réaction est tavorisee par un exercice modéré et par l'élévation de la température du miheu dans lequel elle se fait.

Ces deux conditions sont également utiles avant le bain; mais il est nécessaire que l'exercice n'ait pas été poussé jusqu'à la fati-ue; l'économie n'aurait plus la force suffisante pour produire la réaction. Il est bien reconnu aujourd'hui qu'il n'y a aucun danger h se plonger dans l'eau froide lorsque l'on a chaud et qup l'on est en sueur. L'usage journalier des bains russes et des bains turcs en est une preuve suffisante. Ce n'est pas l'état de chaleur et de transpiration de corps qui est à craindre, mais sa trop grande fatigue.

L'immersion, dans ces conditions, a, au contraire l avantage

de mettre fin à cette transpiration en rafraîchissant le corps et

en rendant à la peau relâchée par la chaleur toute sa tonicité.

Il est contraire aux principes de l'hygiène d'attendre, le corps

156 >ErVIÈME CONFÉRENCE,

à peu près nu, avant de se nietlre à l'eau, que la sueur ait disparu; car on se refroidit,, et l'organisme est, par suite, moins bien dispose pour que la réaction spontanée se fasse convenablement.

En résumé, un exercice modéré, une température un peu élevée, sont les meilleurs moyens de se préparer à l'immersion dans l'eau froide.

Bains tièdes. — Ces bains, de 50 à 33% calment l'excitation nerveuse, et produisent un bien-être général en délassant le corps des fatigues qu'il a pu endurer. Ils portent au sommeil, et, lorsqu'ils sont prolongés et souvent répétés, peuvent amener une certaine débilité.

Leur principal elfet est de laver la peau, de la débarrasser des résidus de sécrétion qui la recouvrent. Ils lui restituent sa souplesse et son élasticité ; en un mot, ils la rendent plus apte à son fontionnement, si nécessaire au maintien de la santé. Ils constituent donc pour l'hygiène une précieuse ressource. Le bain dit de propreté ne doit pas dépasser 20 minutes.

Bains chauds. — Les bains chauds sont ceux dont la température est de plus de oh\ Ils accélèrent les battements du cœur et la vitesse du pouls. Trop prolongés et trop chauds, ils peuvent causer la syncope et l'évanouissement; ils peuvent également provoquer des congestions des organes internes. Les bains trop chauds amènent habituellement, au bout de dix à quinze minutes, la pesanteur de tête, la somnolence, l'étourdissement, le vertige, etc.

L'usage des bains chauds trop fréquents et trop prolongés exerce une influence débilitante sur l'organisme. Au point de vue hygiénique, ils doivent donc être proscrits.

Des éluves, bains russes, bains turcs, maures, etc. — Les étuves sont des salles dans lesquelles les malades sont soumis au contact de vapeurs sèches ou humides.

Vétuve humide, ou le bain de vapeur, est un agent puissant de sudation. La transpiration produite fait subir au corps une perte qui peut atteindre jusqu'à 400 et tout à fait exceptionnellement 800 grammes.

Les bains de vapeur souvent répétés exposent donc l'organisme

Page 1