Krause. Annaberg, cinq écoles
Pettenkofer. Écoles après deux heures de classe 62
Œrtul. Wilhelm's Gymnasium (mai) 53,8
— Le même ("juin) 22,9
Baring. Écoles populaires (la plupart^ 90
Al'TCVRS UKVX Co* POUH
10(KX) d'aih
iNichoIs. École du dimanche (apn'-s une heure de classe). 29,51
— Voilures publiques (à vapeur ou non) 23
Wilson. Prison de convicts à Porlsmouth 7,20
Smith. Mines d'Angleterre (moyenne de 539 ;inal>M-). 78.5
De Chaumont. Baraques d'AldersIiot (intérieur) 9.76
— Baraques d'Anglesey 14,05
— Casemates du fortElson 12,09
— Hôpital militaire de Porlsmouth 9,6fi
-X Portsmouth, livil infirmary 9,28
— Herbert hospital 4,72
— J'rison militaire d'Aldershot (cellules). . . . 18,51
— Pentaville prison (cellules), Jebbr's System . . 9,89 A. Braud. Brasserie à Paris (11 h. soir) 23,8
— Salle de bal (après 4 h. 50) 29
— Anphithcàlre de cours (à la lin du cours). . 80,6
— Petite chambre à coucher (8 h. 30 de séjour). 46,2 Roscol. Londres, pièces habitées 12 à 53,0
L'air des appartements est considéré comme pur lorsqu'il ne renferme pas plus de 2 pour 10 000 d'acide carbonique, comme inoflensif à 7 pour 10 000 et impur, insalubre, lorsqu'il renferme 10 et au-dessus pour 10 000 d'acide carbonique.
Le tableau ci-dessus montre que cette proportion est souvent dépassée dans tous les milieux confinés. Toutefois à 25 pour 100 d'acide carbonique l'air ne peut plus entretenir de combustion; de 15,5 à 17, sa tension est mortelle pour les reptiles; de 24 à 28 elle l'est pour les moineaux et le devient à 50 pour les mammifères.
En dehors de ces limites, il est de nombreux cas de tolérance, de même qu'on a constaté de nombreux cas où des proportions moindres ont déterminé des accidents graves et quelquefois mortels. Cela tient à ce fait que si les expériences antérieures ont montré l'action anesthésique de l'acide carbonique, les recherches de Paul Bert ont établi que c'est un poison universel, qui tue animaux et végétaux, de grande taille ou microscopiques, qui tue les éléments anatomiques isolés ou groupés eu tissus. Et tout cela n'a rien d'étonnant, puisqu'il est le produit d'excrétion universelle de toutes les cellules vivantes; sa présence empêche cette excrétion et arrête par conséquent, en y opposant un obstacle terminal, toute la série des transformations chimi-
(|ue.s (le la vie, qui coinniencent ]i;ir l'iilisorptiuii (l'oxygène et Unissent par le rejet de l'acide carboniiiue.
Hemar(|uons que lorsque l'acide carbonique s'élève dans une atmosphère à 2 ou 5 pour 100, c'est d'ordinaire l'oxygène qui diminue d'autant et dont la tension s'abaisse de 21 à 18 ou aux environs; d'où les accidents asphyxiques qui commencent à se faire sentir. Ce qu'il est surtout curieux de constater, ce sont les effets de l'inhalation d'acide carbonique à petites doses fréquennnent lépétées; c'est aux dangers qui en résultent, à l'insuffisance de l'hématose qui en est la conséquence, ainsi qu'aux perturbations apportées dans les nutritions et dans l'état du poumon alimenté depuis longtemps par un air incomplet et anormal, qu'il faut attribuer la faiblesse croissante, la pâleur, l'anémie qu'on remarque chez tous ceux qui séjournent longtemps dans un air confiné.
Ain CONFINÉ.
Lorsqu'un certain nombre d'individus respirent dans une atmosphère qui ne se renouvelle pas, ou se renouvelle mal, en vertu des échanges incessants qui s'opèrent entre le sang et cette atmosphère, la proportion relative des éléments constitutifs de l'air se modifie. Ces changements qui se produisent dans la composition de l'air, par suite de la respiration dans une atmosphère confinée, sont multiples. 11 y a d'abord diminution d'oxygène; la proportion normale, de 21 pour 100, peut tomijer à 18 ou 19 et même au-dessous. Ensuite, et c'est là la plus importante des modifications qui se produisent, il y a présence en excès d'acide carbonique. D'après Andral et Gavarret, l'exhalation pulmonaire fournit, par heure, 9 litres d'acide carbonique chez l'enfant de huit ans, 12 litres chez la femme adulte, et 20 litres chez l'homme. En même temps, il est démontré que la peau exhale une quantité mal déterminée de ce gaz.
On comprend donc que la respiration empoisonne rapidement l'atmosphère, et fait augmenter le chiffre d'acide carbonique dans une proportion fort considérable.
Mais l'acide carbonique n'est pas le seul élément que dégage
la respiration, ainsi que la transpiration cutanée. Un adulte bien portant fournit par ces deux émonctoires, dans les vingt-quatre heures, une quantité d'eau qu'on peut évaluer de 750 à
I 200 grammes. En même temps, une dose plus ou moins considérable de matières organiques s'échappe dans l'air. Elles se composent principalement de débris épidermiques et de graisse, ainsi que d'une substance particulière qui s'échappe des poumons et de la bouche.
L'odeur pénétrante et fétide de cette substance est ce qui constitue surtout Vodeuf de renfermé; elle devient perceptible lorsque la proportion d'acide carbonique s'élève à 0,7 pour 1000, et devient très forle loisque cette proportion s'élève à 1 millième.
Telles sont les altérations que produit dans l'atmosphère l'accumulation d'un certain nombre d'individus dans un espace continé, ou d'un seul individu dans un espace trop étroit.
Les conséquences du séjour dans l'air confiné sont variables.
II faut ici distinguer deux cas : 1° l'air peut être subitement vicié, par suite de l'accumulation fortuite d'un grand nombre d'individus dans un séjour trop étroit; les accidents sont alors immédiats; 2° au contraire, l'air confiné peut agir lentement sur l'organisme, le détériorer, le prédisposer aux affections chroniques, chez les individus qui, vivant dans de mauvaises conditions hygiéniques, respirent habituellement un air impur.
Dans le premier cas, voici ce qu'on observe : l'expérimentation a appris que lorsqu'on place un animal sous une cloche où le renouvellement de l'oxygène est impossible, tant que la proportion d'oxygène de l'air confiné ne tombe pas au-dessous de 15 pour 100, la respiration reste normale; à 7,5 pour 100 les respirations sont très fréquentes, à 4,5 pour 100 la respiration est t'es difficile, et à 5 pour 100 l'asphyxie est imminente.
En outre, Claude Bernard a montré que, quand la viciation de 'air est graduelle, l'organisme acquiert une certaine tolérance et peut continuer à fonctionner dans un milieu qui tuerait immédiatement un autre organisme subitement introduit. En faisant pénétrer sous une cloche, où respire depuis deux ou trois heures un oiseau, un second oiseau, ce dernier est pris subitement de
convulsions et tombe foudroyé, tandis que le premier continue à vivre. Les résultats de l'expérimentation contribuent à éclairer les faits observés chez l'homme.
On admet généralement deux degrés dans les accidents produits par l'air confiné : à un premier degré, on observe simplement du malaise, de la céphalalgie, des vertiges ; la respiration est gênée; il y a des nausées, parfois des syncopes. Ce sont là les signes d'une asphyxie commençante. A un degré plus avancé, on observe des sueurs abondantes, une soif vive, des douleurs thoraciques, de la dyspnée, parfois du déhre et bientôt la mort. C'est ce qu'on observa dans plusieurs faits connus d'asphyxie.
Aux Indes, 146 prisonniers anglais, renfermés dans un lieu clos de 20 pieds carrés, succombèrent pour la plupart, après avoir présenté une soif vive, de la suffocation, un besoin d'air si pressant qu'ils se battirent pour s'approcher des soupiraux. Au bout de huit jours, 23 seulement restaient vivants. Rappelons encore qu'après la bataille d'Austerlitz, 300 prisonniers autrichiens ayant été enfermés dans une cave, 260 succombèrent d'asphyxie en peu de temps. Enfin dans le fait fameux des assises d'Oxford, juges, spectateurs, accusés, furent frappés d'asphyxie mortelle.
Chez les individus qui vivent habituellement dans une atmosphère insuffisante, on observe des accidents d'un autre ordre que ceux que nous venons de signaler, et qui, pour n'être pas foudroyants, n'en sont pas moins redoutables. La santé de l'homme, comme celle des animaux, s'altère promptement dans un milieu insuffisamment aéré, et des faits nombreux nous en fournissent la preuve.
On ne sera donc pas étonné de voir la phtisie pulmonaire exercer ses ravages, surtout chez les individus qui habitent des locaux trop étroits, chez les soldats casernes dans des baraquements insuffisants, chez des ouvriers qui travaillent dans de petits ateliers, chez les classes pauvres, enfin, dont les habitants n'offrent qu'un espace très insuffisant
TKNÏII.ATIOS DES LIEUX HABITES.
Quand un certain nombre d'individus se trouvent réunis dans un local clos, les produits de leur respiration, tant pulmonaire que cutanée, ne tardent pas à vicier l'atmosphère ambiante et à la rendre irrespirable. La ventilation a jirétisémeiit pour but de s'opposer à cette viciation en assurant, d'une part l'évacuation des produits de l'expiration, et, d'autre part, l'accès d'une quantité suffisante d'air neuf.
On n'a pas encore de renseignements bien certains sur la quantité d'air pur qu'il convient de fournir à chaque individu pour maintenir l'atmosphère d'une salle dans de bonnes conditions. En efl'et, la respiration ne produit pas seulement de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique ; elle donne également naissance à des produits de décomposition de la substance même des individus, et il est bien probable, sinon certain, que ce sont surtout ces produits qui sont nuisibles ou tout au moins gênants. Nous ne chercherons donc pas à fixer un clulfre, en nous basant sur la quantité limite d'acide carbonique que doit contenir l'air pour rester respirable, d'autant plus que cette quantité limite est purement conventionnelle.
On détermine quelquefois le volume d'air nécessaire par individu en exprimant que toute la vapeur d'eau produite par la respiration doit être dissoute dans l'air neuf introduit. Ce procédé n'est pas plus satisfaisant. Ce que l'on peut dire, c'est que l'expérience a montré que, à moins de circonstances toutes spéciales, il faut relativement peu d'air pour que la respiration s'effectue dans de très bonnes conditions. 20 mètres cubes par individu et par heure sont généralement bien suffisants. Ce qui. du reste, importe surtout c'est la façon dont cet air est utilisé. Pendant bien longtemps on a effectué la ventilation absolument au rebours de ce qu'indique le simple bon sens; aujourd'hui les spécialistes compétents sont tous d'accord sur la façon dont on doit opérer la ventilation.
Ouand on respire, on rejette des gaz viciés chauds, dont la densité moyenne est notablement inférieure à celle de l'air
ambiant ; ces <^;\z tendent par suite à gagner les régions supél'ieures des locaux ; c'est donc là qu'il faut les prendre pour les évacuer.
Si, d'autre part, on lait évacuer les gaz viciés par des orifices pratiqués à la partie inférieure des locaux, on ramène au contact des occupants l'air qu'ils ont déjà respiré; on mélange ainsi les gaz viciés avec l'air neuf et on conçoit alors qu'une ventilation même très abondante soit encore trop faible pour maintenir dans un état de pureté satisfaisante l'atmosphère d'une salle.
Il faut, au contraire, introduire l'air neuf le plus près possible des occupants, à une température au plus égale à celle de la salle, de manière qu'il ne tende pas à monter, mais se diffuse dans la région inférieure, où il pourra être utilement respiré. Des orifices d'évacuation doivent être ménagés à la partie supérieure des locaux. On devra toujours se préoccuper de tout disposer pour que la vitesse d'entrée de l'air soit aussi réduite que possible, de manière à éviter tout courant gênant ; celte der nière condition est généralement facile à remplir.
Sans vouloir parler ici du chauffage des habitations, nous ferons remarquer que les procédés dits à l'air chaud se prêtent excessivement mal à l'établissement d'une bonne ventilation, parce que l'on est généralement conduit à employer de l'air très chaud et qu'il serait alors impossible de ménager à la partie supérieure des locaux des orifices d'évacuation. C'est du reste à l'emploi de l'air chaud comme moyen de chauffage que l'on doit les errements trop longtemps suivis en matière de ventilation.
La ventilation peut être obtenue soit au moyen de propulseurs mécaniquement actionnés (ventilateurs hélicoïdaux ou à force centrifuge), soit, plus simplement, en utilisant les différences de densité de colonnes d'air portées à des températures diflerentes (cheminées d'appel).
Dans certains cas on fait usage de jets de vapeur ou d'air comprimé.
Les appareils mécaniques sont d'une efficacité certaine, et les dépenses qu'entraîne leur fonctionnement sont de beaucoupplus réduites que celles qui résultent de l'emploi des moyens naturels. Leur choix est tout désigné pour les grandes installations; les
moyens naturels sont beaucoup moins sûrs et, pour donner des résultats réels, occasionnent de très grands frais pour leur fonctionnement. Ils sont cependant presque toujours suffisants pour les installations de peu d'importance et chaque fois que l'air destiné à la ventilation peut se mouvoir très facilement au travers de larges conduits.
Les jets de vapeur ou d'air comprimé ne sont presque plus en usage, car leur emploi est aussi très coûteux.
En particulier, pour la ventilation des classes, des lycées, des écoles, on doit toujours s'efforcer d'appliquer les mêmes principes : introduction d'air neuf le plus près possible des individus ; évacuation des produits viciés au moyen d'orifices placés à la partie supérieure des salles.
11 n'y a pas lieu de recourir ici à l'intervention de moyens mécaniques ; la seule différence de densité de l'air frais extérieur et de l'air chaud des salles permet de créer un courant suffisant pour assurer une bonne ventilation ; l'air neuf est pris au dehors, à travers des orifices de dimensions convenables ménagés dans les allèges des fenêtres. 11 passe au contact d'une surface chauffante (généralement constituée par un tuyau parcouru par de l'eau chaude ou de la vapeur), juste suffisante pour porter l'air à la température de 16 à 18 degrés, et se répand dans la salle. Comme sa température est égale à celle de la pièce, cet air ne tend pas à monter, mais s'étale au contraire dans la région inférieure, c'est-à-dire dans la partie occupée par les habitants.
Quand cet air a été respiré, il sort des poumons à une température supérieure à celle de la salle, dont il gagne, par conséquent, les régions élevées ; de là il est évacué au dehors au travers de gaines pratiquées dans l'épaisseur des murs et débouchant dans un grenier présentant lui-même, soit une cheminée d'évacuation, soit des chattières en nombre suffisant. D'ailleurs, la majeure partie des toits est assez peu étanche pour qu'on puisse, à la rigueur, s'abstenir d'y pratiquer des orifices d'évacuation. Les joints des tuiles ou des ardoises suffisent amplement.
Depuis ces dernières années, à l'instigation de M. E. Trélat, on emploie dans les classes des lycées et des écoles des vitres dites perforées, percées d'un grand nombre de petits orifices tronc-
coniques permeltanf d'introduire l'air dans les salles sans coura ut appréciable. Toutefois, quand le vent souffle violemment, il est bon de pouvoir supprimer l'introduction d'air par les vitres perforées, car, à ce moment, elle devient quelquefois gênante; il suffit pour cela de disposer au-devant des vitres perforées un châssis mobile portant un carreau en verre plein. Il convient aussi
Fig. 6. — Ventilation et chaull'açe des locaux scolaires.
de toujours placer les vitres perforées au-dessus même des batteries chauffantes, de manière à éviter que l'air ne tombe directement le long des fenêtres et ne crée un courant gênant. Avec ces précautions l'emploi des vitres perforées peut rendre de très grands services (Og. 6).
Ce que nous venons de dire pour la ventilation des salles de
40 TKOISIEME CONFEKENCK.
lycées et d'écoles pourrait fort bien s'appliquer pour les locaux privés. Le grand obstacle à la ventilation provient du mode de chauH'age adopté dans les habitations privées; si on se reporte à ce que nous venons d'exposer, on voit qu'il est impossible de faire une bonne ventilation du moment où on a recours au chaulfa^e à l'air chaud, au moins tel qu'il est actuellement installé dans presque toutes les maisons.
Mais le joiu-, prochain sans doute, où le chauffage à la vapeur ou à l'eau chaude sera seul employé dans les habitations privées, rien ne s'opposera à pratiquer dans les allèges des fenêtres des prises d'air neuf, et à ménager, à la partie supérieure des locaux, des bouches d'évacuation s'ouvrant dans des gaines montantes ménagées dans l'épaisseur des murs. Tant que le chauffage ;i l'air chaud subsistera, la ventilation des habitations privées risque fort de lester très défectueuse.
La pluie, la rosée ont une inlluence inarquée sur les quantités des germes et poussières atmosphériques. La vapeur d'eau, qui vient du sol et des eaux telluri(iues ou superficielles, en a une non moins manjuée.
L'air est habituellement sec, en elfet sur les terrains calcaires sans sources ni rivières, sur les lieux élevés, tandis que dans les pays arrosés par de nombreux cours d'eau, dans ceux qui reçoivent des pluis abondantes et fréquentes, dans ceux enlin où la nappe d'eau souterraine éprouve des oscillations fréquentes, à une profondeur plus ou moins grande de la surface, l'humidité de l'air est un facteur important de la salubrité. Dans ce dernier cas, les décompositions organiques à la surface et dans les couches les plus profondes du sol sont facilitées, surtout à l'aide de l'élévation de la température; de là, des maladies telles que la malaria, la fièvre typhoïde et même tout l'ensemble des affections que peut produire la décomposition dans l'air de molécules organiques, décomposition assurée par l'humidité atmosphérique.
L'exposition à l'humidité du sol est, en somme, l'une des principales causes des maladies, soit qu'elle favorise la production de germes morbides, soit qu'elle permette leur transport, soit qu'elle déprime l'organisme; que cette humidité soit froide
i;air. 47
ou chaude, elle exagère dans les deux cas les inconvénients de la température basse ou élevée.
IMPURETÉS DE l'aIR.
L'atmosphère peut, en outre, irtre viciée : 1° par des matières suspendues, par des poussières minérales, végétales ou animales; 2° par des gaz; 5° enfin par des germes et des miasmes dont la nature est généralement ignorée et dont on ne connaît que les ellets et certaines des conditions de diffusion.
C'est un fait d'observation vulgaire que l'air renferme des myriades de grains de poussières. Un rayon lumineux est invisible dans le vide absolu ; il en est de même dans un gaz pur. Le rayon lumineux devient visible dans l'atmosphère au contact des poussières organiques et inorganiques de l'air.
Ces poussières sont presque entièrement cond)ustibies. Leur nature et leur (piantité varient, suivant tpi'on analyse l'air extérieur ou celui de l'intérieur des appartements, des chambres de malade, des salles d'hôpital.
L'air normal renferme de 0 à 8 milligrammes de poussières par mètre cube; M. G. Tissandier a trouvé que 15 kilogrammes environ de poussières flottent dans une épaisseur de 5 mètres de l'air qui couvre le Champ de Mars (500 000 mètres carrés). Les poussières de l'air sont minérales ou d'origine organique (figure 7 à 17)
Les poussières organiques sont inanimées ou vivantes, animales ou végétales :
1° Poussières minérales. — Celles-ci, qui sont les plus abondantes, comprennent d'ordinaire du charbon, des fragments de silex à cassure conchoide, des sels terreux, alcalino-terreux et alcalins, en forme de cristaux géographiques parfaits ou à l'état amorphe ou semi-cristallisés. M. G. Tissandier y a signalé des globules de fer météoriques, attirés par l'aimant. M. Miquel a remarqué, avec ces globules, surtout pendant les vents violents, une foule de granules noirs et rougeàtres, d'une sphéricité irréprochable et d'un diamètre vaiùant de -^ à ^^ de millimètre: ces sphérules, inattaquables par les acides concen-
très, paraissent appartenir à une classe de corps volatiles rc-
Fig.7. — Poussières contenues dans la neigeramassée au massif du Mont-Blanc, le 24 février 1878 (Yuiig).
sinoïdes, que la fumée des usines entraine au loin avec elle.
Fig. 8. — Poussières recueillies dans l'air, le 18 mars 1878 (Yung).
'2° Poussières organiques. — Les dépouilles de nature végétale et
L'Ail',. 49
animale se rencontrent très fréquemment dans les atmosphères lil)res et confinées; tantôt, la matière organique apparaît sous forme (le plaques, de lamelles, de masses informes, de granulations agglutinées par un ciment incolore, jaunâtre ou brun, de fibres déchiquetées, sur la nature desquelles on ne saurait se prononcer d'une manière absolue; tantôt, au contraire, l'œil reconnaît très bien des couches épidermiquos, des IVaù^mentsde vaisseaux, des
Fig. 9. — Goutte d'eau de neige vue au microscope, oOO/l (G. Tissandier).
trachées déroulées, des tubes mycéliens septés ou non septés. des poils simples ou rameux enlevés par le vent aux tiges et aux feuilles des plantes.
Dans l'intérieur des habitations et des hôpitaux, viennent s'y joindre ou plutôt s'y substituer des fibres déjà utilisées par l'industrie, des cellules épithéhales cornées; l'amidon, fréquemmen observé en pleine campagne, se montre surtout en abondance dans l'air des villes et l'air confiné des maisons. Il est infiniment
plus rare d'y constater la présence des œufs et des cadavres des animalcules appelés infiisoires.
Les meubles qui remplissent un apparlemeut, les papiers cpii en tapissent les murs, peuvent aussi fournir certains éli-ments à l'atmosphère. .Nous devons signaler rinflueiice miisible des papiers colorés par le verl de Scheele ou de Schweinfurt (arsé-
Fig. 10. — Ciislallisation obtenue par l'évaporation d'une goutte d'eau de neige, 500/1 (G. Tissandier).
nites de cuivre). Pleck a démontré que l'acide arsénieux contenu dans ces couleurs, lorsqu'il est en contact avec des matières organicpies humides, donne de l'hydrogène arsénié, qui, pour certains auteurs, est l'agent toxique auquel il faut attribuer la plupart des accidents que produisent les papiers verts.
Dans les ateliers, on trouve des fragments de diverses substances qui se rapportent à l'industrie qu'on y exerce. Sigerson a démontré que dans l'air d'une imprimerie il existait de l'anti-
moine on (inaulité appréciable. Le même observateur a trouvé, dans un amphithéâtre de dissection, des fibres musculaires et nerveuses, des cellules de diverses espèces, et des débris de lissu provenant des cadavres, ce qui explique les cas d'empoisonnement (jui se produisent si souvent chez les anatomistes (en dehors de toute piqûre).
TiL'. 11.
AuUo oxernple de cristallisation obtenue par l'évaporation d'une {•outte d'eau déneige, 5IX), I (G. Tissaiidier;.
Les chambres de malades, les hôpitaux, les casernes, enfin les étables d'animaux atteints d'atTections cojitagieuses, renferment des produits qu'on peut à bon droit considérer comme spécifiques.
Il n'est pas sans intérêt de remarquer que les impiu-etés organiques qu'on trouve dans la chambre d'un malade ne sont pas également répandues dans l'air, et qu'elles séjournent surtout au voisinage du foyer morbide ; c'est ce que démontrent
o'2 TROISIÈME CONFÉRENCE.
(les ;iii;ilysi^s (Fair pi'is dans diverses parties delà même chambre, il l'ii r(''siilli' : I" i|ut' le danser de contagion est plus grand lor> [u'oii an]>rnrlii' du iirdadc. cl snitoul iors(pi'on partage son lit, qiii! lors lu'on iiabite senlcniMit la même ciiambre; 2° qu'il est dillicile de cliasser les émanations contagieuses par la ventilation, en raison même de celte torpeur, si l'on penl ainsi
Fio-. 1-. — Aiilic cxeni|ile de cristallisalion oblt nue à sec par l'évaporatioii d'une goutte de neige, 500/1 (G. Tissandier).
parler, qui les rend peu mobiles et les fait séjourner sur place. Il en est tout autrement quand l'air est conlaminé par des substances gazeuses, l'acide carbonique, par exemple. 11 sul'lit alors d'ouvrir les fenêtres, pendant quelques instants, pour renouveler l'air et rentrer dans les conditions normales.
L'importance de l'air pur pour la conservation de la santé, qui n'est assurément contes! ée par personne, a été peut-être exagérée, dans certains cas, par les médecins anglais, dont les
Aniéricainsonl suivi l'exemple. Il convient d'aiJiès eux de laisseitoutes grandes ouvertes, et par n'importe quel temps, les fenêtres des dortoirs, des casernes et des chambres à coucher, pendant la nuit. Ce précepte, presque universellement suivi dans les pays que nous venons d'indiquer, présente, à notre avis, de grands inconvénients. A moins de prétendre que le froid
Fi^'. 15. — .\ulie exemple de cristallisalion obtenue à sec par l'évapoiatioii d'une gouUe d'eau de neige, oO'l/i (G. Tis-andicr).
n'a aucune jtart à la production des maladies, il est absurde de s'y exposer au moment même où la résistance vitale est moins grande. Au reste, l'instinct des animaux pourrait, à cet égard, nous servir de guide. L'oiseau pour dormir met la tête sous son aile, le lapin se blottit dans son terrier, d'autres animaux se roulent en boule. Dans toutes ces conditions, la respiration est compromise; mais qui ne sait que pendant le sommeil cette fonction perd beaucoup de son activité?
\ TliOISIÈMI': CONFÉRENCK.
11 Iniil. cioyoïis-nous, suivre une \\'^\w inoyonne oniro les
Fij:. U
Aérolilhes microscopiques très grossis (Elircinberg'
«Mï»
Fif,'. 15. — (;oi,)usciiIes ferrugineux atmospliériques et l'i-agments dc'Iachcs de l:i surface des météoiites (G. Tissaiidicr). — 1. Fragments Irt's noirs et aniorplies. — 2. Grains trôs petits en amas compacts. — 3. Volume plus considérable, surface mamelonnée et rugueuse. — i, 5. Parcelles globulaires et mamelonnées. — 6. Grains noirs trôs petits. — 7. Grains spliériques. — 8. Mamelons arrondis.
deu.\ extrêmes. Les dortoirs, les chambres à coucher, ne doivent
pas être hahitôs pendant le jo
inr. Ces pièces doivent oITrii- un
o'/<l!>' \\v'\ <i^ .^^-^ i.\ Il n
Fig. 16. — Fructifications cryplogamiqiies recueillies dans l'air, au cimetière du Montparnasse, à Paris (P. Miquel}.
cubage en rapport avec le nombre des personnes qui doivent y
TROISIÈME CONFERENXE.
passer la nuit. Euiiii. pcndanl la journée, il faut y renouveler rréqucnimenl l'air en ouvrant les lenêtres. Ces précautions une lois prises, on pourra les l'enner sans scrupule ajjrès le coucher (lu soleil.
En résumé, il faut comprendre parmi les corpuscules organisés •le l'atmosphère : 1° des grains d'amidon; 2" des pollens; 5° des spores de cryptogames, comprenant toute la série des moisissures et caractérisées par leur fiuclification aérienne ; 4° des végétaux complets, le plus souvent unicellulaires; 5' des œufs d'infusoires ; 6° des bactéries qui atteignent la limite de petitesse des êtres pouvant être discernés avec l'aide des microscopes les plus puissants.
Miqnel a résumé dans le tableau suivant les principaux caractères des poussières atmosphériques :
Spores cryplogamiques
Corpiisculei