‹ Douze journées de la révolutionChapitre 30 sur 53 · PRAIRIAL AN 3. - 20 MAI · texte numérisé non relu

PRAIRIAL AN 3. - 20 MAI

PARIS

PERROTIN, ÉDITEUR

RUE DES FILLE S-SAINT-THOMAS, N° 1, l.T HUE N'EUVE-DES-MATHURINS, N» 54 (CHAUSSEE D'ANTON).

M. DCCC. XXXII

fil

xZ~ùirù*rùttn),Tù,

mâ<m$w$wmMmê u wwm

Robespierre n'avait point d'amis ,. il était trop répulsif aux liaisons sociales ; mais il avait de chauds partisans à la Convention , et ils n'étaient pas tous morts avec lui sur l'échafaud. Tout grand pouvoir politique qui tombe laisse quelque temps muets et stupéfaits ceux qui l'ont servi: puis la stupeur s'use, et on travaille secrètement à la réaction. Il faut toujours frapper deux coups pour tuer un pouvoir. Robespierre ne fut décidément renversé qu'après le premier prairial; c'est le jour où ses partisans poussèrent le peuple à la Convention. Il y eut un instant de victoire contre-thermidorienne; moins d'énergie dans le parti réparateur de la Convention, et Robespierre remontait, sous un autre nom, sur le trône républicain. Le peuple, non celui du 20 juin, ni du 10 août, mais un autre peuple, démoralisé par les saturnales de la Terreur , fut repoussé de la salle ensanglantée, les hommes, paria force des baïonnettes, les femmes, à coups de houssine. Les six conventionnels, reconnus principaux instigateurs, furent

arrêtés, et mis en jugement; c'étaient Gilbert Romme, Amable Soubrani , Ernest - Dominique Duquesnoy , Alexandre Goujon, Jean -Michel Duroy , et Pierre Bourbotte. Une commission militaire les condamna à mort le 29 prairial.

Ce fut le dernier effort de la Montagne. La Convention victorieuse au-dedans et au-dehors , et touchant au terme de ses travaux, rentrait dans des voies moins orageuses ; elle voulait faire oublier sa terreur en s'épurant de terroristes, et tranquilliser sur l'avenir par un système nouveau chez elle de modération.

to

fr

Page 1