PROLOGUE. V1J
public à moi, celui que j'aime et qui me connaît.
Jetais à la campagne souffrant des travaux pénibles que m'impose ma cruelle position de poëte; souffrant de deux atteintes successives de l'épidémie, et, pour gagner ma vie , me fondant en sueurs sous le poids immense de mes Journées de la Révolution, Eh bien ! quand après huit ans de combats pour la liberté, après la brûlante période de Nemésis, seul, sans place, sans distinctions, sans pensions, sans croix d'honneur, quand je traînais encore la charrue littéraire pour vivre de mon sillon, savez-vous ce que jetais? J'étais un transfuge, un traître à mettre au ban des nations. Les rigides Catons étaient ceux qui se dandinaient sur les boulevarts , qui couraient la coulisse , festoyaient les maigres figurantes , et soufflaient la calomnie contre moi !
Un ami vint m annoncer que j'étais vendu !