‹ Douze journées de la révolutionChapitre 47 sur 53 · V11J PROLOGUE · texte numérisé non relu

V11J PROLOGUE

— Bien cher? lui dis-je. — Cela varie, reprit-il, on n'est pas fixé sur le prix ; cela varie de 4 à 100,000 francs. Il allait poursuivre, car les amis en général aiment de passion à nous rapporter ce qui nous afflige; je l'arrêtai net, et je lui dis que j'avais autre chose à faire que de répondre à ces bruits ; que depuis huit ans on m'avait vendu vingt fois à tous les ministères; que du vivant de Némésis, on me vendait aussi tous les dimanches, quand je me délassais dans une livraison purement littéraire ; qu'enfin j'étais habitué à toutes ces ventes-là.

Je reçus plusieurs visites successives de ce penre, et comme tous ces amis officieux n'étaient pas des collaborateurs à mes Journées poétiques, je me vis forcé de les éconduire poliment, pour ne pas mourir de faim à l'automne.

Les visites continuèrent: alors je mis un registre dans mon vestibule, avec prière dy

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