PARIS. — IMPRIMERIE DE JULES DIDOT LAÎNÉ, RUE DU PONT-DE-LODI , N
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DE LA
POEMES
PAR
PARIS
PERROTIN, ÉDITEUR
RUE DES FILLES-SAINT-THOMAS, N° 1, ET RUE NEUVE-DES-MATHURINS , IV» 54 (CHAUSSÉE D'ACTIN).
M. DCCC. xxxn
Il appartient à l'histoire, plus rigoureuse que la poésie, d'enregistrer tous les graves événemens de notre révolution. Elle n'a pas le droit de resserrer son répertoire, d'élaguer des détails arides, de choisir çà et là quelques épisodes; ainsi dans cette période de trois années depuis les journées de Versailles jusqu'au 20 juin 1792, elle aura àénumérerles immenses travaux de l'Assemblée constituante, la vente des biens du clergé, la division de la France en 83 départemens, la suppression de la noblesse et des ordres de chevalerie, la constitution de 1791 promulguée et acceptée par le roi , etc. , etc. Mais le poète qui ne veut pas être un gazetier a le privilège d'accepter ou de rejeter tel ou tel événement; ses inspirations sont indépendantes; il laisse à l'historien sa consciencieuse exactitude, et dans cette immense table de chapitres, il ne recueille que des sujets pour ses chants lyriques ou ses épopées. Ici, nous devons le dire, les faits sont presque tous merveilleux, les journées toutes grandes de poésie. Il était difficile d'arrêter un choix entre tant de mémorables pages; la mort de Mirabeau, les fêtes du Pan-
théon,la fédération du i4 juillet, l'évasion de la famille royale, et la tumultueuse pétition au Champ-de-Mars dispersée par le drapeau rouge: il y a là profusion de draines; tous ces sommaires sont électriques, toutes ces dates font vibrer de hauts souvenirs; le poëte se trouva embarrassé au milieu de cette éblouissante chronologie.
Mais, commandé par les bornes de cet ouvrage, il crut devoir s'arrêter à l'insurrection du 20 juin, imposante préface du 10 août.
Les influences de Dumouriez venaient de faire renvoyer du ministère trois ministres alors populaires, Roland, Clavières et Serran. Cette imprudence du parti de la Cour fut vivement ressentie par les Girondins qui saisirent l'occasion que leur offrait le roi d'entrer avec ce dernier dans une lutte où la victoire leur était d'avance assurée.
D'autres fautes du roi exaspéraient encore le peuple: ce prince, à l'instigation de Lafayette, avait apposé son veto sur le décret qui ordonnait la formation d'un camp de 20,000 hommes, et sur le décret qui punissait de la déportation les prêtres rebelles. Toutes ces causes précipitaient d'inévitables événemens.